1. Natasha & Franck (30)


    Datte: 16/09/2020, Catégories: Transexuels Auteur: Doogy Woogy

    Dimanche fut un grand moment de légèreté, contrastant avec la nuit de débauche qui l’avait amené. À croire que l’idylle naissante entre Isabelle et Dimitri avait bouleversé l’ordre des choses : adieu perversions et pénétrations gargantuesques. La journée déroula les œillades, les baisers tendres et les caresses délicates. Même lorsque Melissa voulut, selon un rite tout personnel, introniser Dimitri dans sa famille, la scène sembla sortir tout droit d’une peinture impressionniste. Le déjeuner sur l’herbe se termina par un voluptueux sandwich entre sa sœur et Dimitri, et les cris de jouissance devinrent de gais gazouillis auxquels tout ce que la forêt comptait de gent ailée répondit.
    
    Alice et Cyrielle, qui s’étaient bien souvent lutiné le pistil, n’avaient jamais croisé leurs regards aussi langoureusement, si bien qu’elles se demandèrent si Frédérique, en magicienne chevronnée, ne les avait pas saupoudrées de moult pincées de poudre de « perlin-sein-sein ». Alice se mit à rire. Les éclats rebondirent comme une pierre lancée à la surface de l’eau.
    
    Alice se remémora à voix haute ces soirées où elles draguaient ensemble parfois le même mec, toutes ces fêtes où, animées par la recherche d’un mâle, elles croisèrent plus de tocards que d’apollons, bien que certains de ces apollons aient pu être classés dans la première catégorie. Remontèrent aussi d’autres soirées passées à se réconforter lorsqu’une se faisait plaquer avec ou sans ménagement. Tout ça pour se rendre finalement compte qu’elles étaient faites l’une pour l’autre.
    
    Le rire espiègle de Cyrielle fusa, et lorsque les éclats se furent éparpillés dans les brins de mousse et les longues herbes, une petite question pointa son nez, tel un renardeau lors de sa première sortie de sa tanière.
    
    ─ Et quand nous aurons envie d’une bonne queue, irons nous draguer ensemble ?
    
    ─ Bien sûr, ma chérie, mais nous avons ici même un beau mâle, et sa compagne est également bien équipée pour notre plaisir, répondit Alice sur un ton exagérément mondain.
    
    ─ Écoute-moi ça, mon chéri. Nous sommes à peine en couple qu’on veut déjà nous exploiter sexuellement…
    
    L’heure était à l’insouciance. Allongés sur les plaids déployés sur l’herbe vert tendre, tous regardaient la cime des arbres convergeant vers le même point de fuite. Quelques grillons, planqués entre les brins de mousse et épargnés par les éclats de rire, stridulaient vaillamment malgré la chaleur, baignant dans une mélopée bucolique les corps encore fatigués des excès de la nuit. Les yeux restèrent clos un temps suffisant pour que de légères éruptions sonores ponctuent la lancinante ritournelle.
    
    Puis les rayons obliquèrent dans l’azur et la fournaise se fit moins féroce. La troupe hétéroclite se mit en branle pour rejoindre le sommet. Ils traversèrent des clairières, goûtèrent aux premières myrtilles. Puis, progressivement, la végétation s’éclaircissait, par endroits éventrée par des chirats ensoleillés ; les arbres devenaient arbustes ...
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