1. Fille du ciel III


    Datte: 30/06/2020, Catégories: fh, ff, ffh, asie, alliance, odeurs, massage, fgode, init, prememois, Auteur: Tylodine

    (Voir précédent épisode n° 12752)
    
    Le soleil commençait à baisser, ses rayons obliques incendiaient la surface lisse du lac, faisant ressortir les couleurs contrastées des rives abruptes : rouge carmin, veiné de blanc des ruffes, sorte de latérite fossilisée caractéristique de la région de Clermont l’Hérault, vert des taches de végétation accrochées aux pentes, gris anthracite des orgues basaltiques bien visibles de la rive nord.
    
    Quelques bouffées d’air chaud faisaient frémir les feuilles des peupliers, embaumant le thym, le romarin, le cyste…
    
    Allongés au ras de l’eau, épuisés, un tantinet euphoriques - le Cabrières voisin était aussi de la fête…- nous goûtions cette atmosphère de carte postale, conscients de la fragilité de l’instant, et de l’improbable hasard qui nous avait amenés là.
    
    Le casque de cheveux noirs de Mariko étalé sur ma poitrine, le velouté de sa joue mis en relief par l’éclairage rasant du soleil, nous planions, béats, les sens encore exacerbés, ma main emprisonnant sous le tee-shirt trop grand un sein doux et ferme au téton érigé.
    
    Poésie, oui… sans doute, mais le sexe que la menotte de ma compagne emprisonnait n’avait rien d’irréel… je le sentais comme jamais, tendu sur mon ventre, gorgé de sang, hypersensible, tressaillant au moindre mouvement des petits doigts de Mariko.
    
    Mariko, Mariko, qui donc es-tu ? Quel dieu farceur a organisé cette rencontre, dans quel dessein et surtout, pour quelle fin ?
    
    Comme si elle lisait mes pensées, Mariko tourna vers moi son fin visage aux traits dignes d’une estampe d’Isuzu.
    
    — Tu sais, me dit-elle, on a écrit des tas de bêtises sur le destin… Je n’y croyais guère jusqu’à aujourd’hui, mais si ça pouvait prolonger ce moment, je serais prête à croire à n’importe quelle baliverne, à n’importe quel dieu, déesse, saint ou sainte.
    — Moi aussi, répondis-je troublé, je n’ose même pas envisager que cela puisse cesser aussi vite que ça a commencé…
    — Tu sais, poursuivit-elle, en vingt ans de mariage, je n’ai jamais été à pareille fête, Ishiro me fait l’amour, une ou deux fois par mois, je dirais plutôt qu’il se masturbe en moi. Lorsqu’il est un peu gentil… ça lui arrive parfois, car il n’est pas méchant, je fais semblant d’aimer ça. Il se retire aussitôt après avoir joui, tout fier de son exploit. Deux minutes après il est reparti dans sa chambre et moi je reste là, seule, insatisfaite, son sperme me poissant les cuisses.
    — Ne me dis pas que tu n’as jamais eu d’orgasme durant toutes ces années ?
    — Je sais y pourvoir toute seule, heureusement, pouffa Mariko, mais en fait… avant aujourd’hui, je n’ai joui qu’une fois, grâce à quelqu’un d’autre, et… c’était une femme. Ça ne te choque pas ?
    — Pourquoi cela devrait-il me choquer ? Tu me racontes ?
    
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    J’étais à la fois fasciné et excité par ce récit incroyable, Mariko elle aussi s’était échauffée en se remémorant cet unique satisfaction conjugale. Rejetant d’un seul geste le tee-shirt trop grand que je lui avais prêté, elle ...
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