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Alice Gangnam style
Datte: 18/09/2026, Catégories: Humour #délire, #nonérotique, #sciencefiction, Auteur: Pitziputz, Source: Revebebe
J’aime beaucoup le dimanche. C’est un bon jour pour les insomniaques et les retraités ; un bon jour sans impératif de sommeil à rattraper. Les premiers se promettent une sieste, tandis que les seconds peuvent ne rien en faire sans arrière-pensée. Je suis un pur produit des deux catégories ; disons que je suis un jeune sexagénaire en pleine force de l’âge, ancien coureur de semi-marathon, ancien vendeur de véhicules utilitaires, ancien agent d’assurances-vie, ancien représentant de café et, en dernier lieu, ancien employé de banque gentiment invité à prendre un repos bien mérité. Je me suis mis à la voile et au golf, je ne suis plus marié. Le dimanche donc, je me promène le matin de bonne heure et je m’arrête chez Sylvie. Elle tient une gargote au bord du lac et régale ses clients de cake et de presse dominicale qu’elle commente avec force de lieux communs. Je m’y rends toujours avant l’ouverture, pour fuir l’endroit dès l’arrivée de la horde des familles venues jouer au minigolf sur le parcours improbable, dont Sylvie a fait l’emblème de son établissement. J’entre par la porte de derrière, celle qui donne sur son appartement. Elle m’ouvre dans son peignoir rose bonbon, celui qui ne cache rien de son embonpoint. Ses cheveux me rappellent la gerbe de blé qui trônait au centre de la table de la salle à manger de ma marraine Carole ; même les frisettes ne parviennent pas à les animer. Le ruban de satin vert lui aussi semble emprunté au bouquet. Tandis qu’elle ...
... s’écarte pour me laisser passer, je me fais la réflexion que ses gros seins lourds eux, en revanche, sont très mobiles. — Bonjour monsieur, comment s’est passée votre semaine ? — Aussi bien que la précédente, je vous remercie. Suis-je en avance ? — Mais non, vous êtes parfaitement à l’heure. Je suis à vous… Je suis à vous dans quelques petites minutes, minaude-t-elle, vous connaissez le chemin. Tandis qu’elle disparaît dans sa salle de bain de poche, je me déshabille en prenant soin de rabattre mon pantalon sur le pli, et me couche dans son lit. Les draps sentent toujours la lessive. Tiens, aujourd’hui l’édredon est orange. Le coït est sans histoire, sans fioritures. Elle se lève toujours avant moi. — Oh là là, je dois me dépêcher, nous ouvrons dans dix minutes. Je vous prépare un café ? — Oui, je vous remercie et un croissant aussi. Tandis qu’elle disparaît, je me rhabille et reprends le même chemin. Je contourne la bâtisse et m’installe sur la terrasse. Le café m’attend. Or donc, comme chaque semaine, je m’apprêtais à prendre congé quand un petit article de la rubrique « étranger » attira mon regard. Kim Jong-Un, le dirigeant nord-coréen annonçait urbi et orbi qu’il avait baissé son handicap et invitait les golfeurs du PGA, l’association regroupant les meilleurs professionnels, à un tournoi richement doté à Pyongyang. Le bougre n’était plus à une absurdité près, mais je continuais à m’étonner de l’écho donné à ses délires par une presse avide de ses ...