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La légende de Montclair - Partie 3
Datte: 02/09/2026, Catégories: A dormir debout, Auteur: CDuvert, Source: Hds
... leurs côtés. # Chapitre 12 - Une Nouvelle Vie sur les Routes L’aube pointe à l’horizon, baignant le campement d’une lumière dorée. Étienne se lève le premier, ranimant le feu pour préparer un maigre repas de pain sec et de bouillon. Alysande et Isabelle émergent de sous la bâche du chariot, enveloppées dans leurs nouvelles robes, encore émues par la générosité de la veille. Elles s’assoient près du feu, leurs regards tournés vers le jeune marchand. « J’ai réfléchi cette nuit », commence Étienne, sa voix posée mais empreinte d’une certaine nervosité. « Je ne peux pas vous laisser seules sur ces routes infestées de brigands. Venez avec moi en ville. Je vous présenterai comme mes sœurs. Personne ne posera de questions. » Alysande fronce les sourcils, pesant l’offre. Isabelle, à ses côtés, touche son bras en un geste rassurant. « Et que ferons-nous en ville ? » demande la rousse, méfiante après tant de trahisons. Étienne sourit légèrement. « Vous m’aiderez à tenir mon étal. J’ai besoin de mains pour déballer les étoffes, attirer les clients, marchander. En échange, je vous offre ma protection et un toit – ou du moins, la bâche de mon chariot – tant que vous voyagerez avec moi. » Les deux femmes échangent un regard. Une lueur d’espoir brille dans leurs yeux. Après des jours de fuite et de terreur, une vie stable, même modeste, semble un rêve. Isabelle hoche la tête. « Nous acceptons », dit Alysande avec fermeté. « Mais nous travaillerons dur. Nous ne serons pas ...
... un fardeau. » Étienne acquiesce, satisfait. « Alors, c’est entendu. Nous partirons dès que le chariot sera prêt. » Le petit groupe lève le camp peu après. Le chariot, chargé d’étoffes et d’outils, roule lentement sur la route cahoteuse. Alysande et Isabelle marchent à côté, apprenant peu à peu les gestes du métier. Étienne leur enseigne comment plier les tissus, vanter leur qualité, et même quelques rudiments de calcul pour tenir les comptes. Leur complicité grandit au fil des heures, nourrie par des rires timides et des regards complices. Les semaines se transforment en mois. Ils voyagent de ville en ville, d’un marché à l’autre, traversant des bourgs poussiéreux et des cités fortifiées. Alysande et Isabelle se fondent dans leur rôle de « sœurs » d’Étienne, adoptant ses manières et son accent pour éviter les soupçons. Leur passé douloureux s’efface peu à peu derrière le quotidien du commerce, bien que certaines nuits, des cauchemars viennent encore troubler leur sommeil. Les semaines de voyage tissent entre eux trois une complicité qui dépasse tout ce qu'ils ont connu auparavant. Entre Alysande, Isabelle et Étienne s'épanouit une intimité particulière, libre de toute jalousie ou possessivité. Leurs cœurs meurtris par les épreuves trouvent dans cette union à trois un refuge, une célébration de la vie qui renaît après tant de souffrances. Leurs nuits sont des moments volés, précieux comme des joyaux. Parfois à l'abri de la bâche du chariot sous un ciel étoilé, ...