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La fuite
Datte: 01/09/2026, Catégories: #historique, #libertinage, hh, fhh, Auteur: Chuck, Source: Revebebe
... dame de compagnie expliqua la situation à la jeune comtesse dont le visage se décomposa. Après l’avoir écoutée, elle se reprit quelque peu : — C’est bien, Claudine, retourne à ton poste. En revenant dans ses appartements après avoir repoussé la porte, elle aperçut furtivement Pont-Valin qui suçait le jeune laquais et qui cessa son entreprise en la voyant. — Vous êtes très pâle, Madame, que se passe-t-il ? Pour toute réponse, la jeune femme prit Julien à part et lui murmura quelques mots à l’oreille. Aussitôt, le garçon disparut par la porte où il était apparu quelques minutes plus tôt. — Mais enfin, Madame, allez-vous m’expliquer ? demanda le louvetier soudain très inquiet. — Le syndic Lafont est arrivé il y a vingt minutes et a demandé une entrevue auprès de mon époux. Il lui a appris que la Bête avait été tuée hier par un paysan de La Beysseyre et qu’en outre vous étiez en ce moment même dans mes appartements pour vous livrer à la débauche. Ils seront là dans dix minutes pour nous surprendre et constater l’adultère. Nous sommes perdus, Pont-Valin. Ce fut au tour de Pont-Valin de perdre pied. — Tudieu, mais comment a-t-il su ? Je… je… L’humiliation était totale pour le louvetier. Sa mission qui devait être le point d’orgue de sa carrière était un échec dont il aurait du mal à se relever. Face à la stupeur du libertin, Constance prit la parole. — Ces deux-là vous haïssent, Pont-Valin. Nous ne leur laisserons pas le plaisir de nous humilier, vous ...
... pour vous révoquer et moi pour me répudier. Partons ensemble. — Vous n’y pensez pas, Madame, votre place est ici. — Je ne veux pas subir de vexation de la part de ce vieil impuissant acariâtre que je déteste chaque jour davantage. Et puis, souvenez-vous de ce que je vous ai dit tantôt. Il n’y a pas de sentiments entre nous autres qu’amicaux et notre goût commun pour le libertinage. J’ai dans cette armoire un sac contenant 50 000 livres qui nous permettra de poursuivre nos extravagances sans soucis matériels. Cette dernière phrase acheva de convaincre Pont-Valin. — Vous avez raison, Madame, fuyons. Et votre laquais ? — En ce moment même, il prépare une calèche ; il vient avec nous. En quelques minutes, les deux libertins se rhabillèrent, prêts pour le départ. — Voici l’argent, lieutenant, prenez-en grand soin, dit Constance en tendant un gros bagage en cuir au louvetier. — Soyez sans crainte, Madame. Au moment où ils sortaient de la grande chambre pour passer dans la pièce de service, Marion se jeta en larmes aux pieds de la comtesse. — Ah ça, Madame, j’ai tout entendu, emmenez-moi avec vous, je ne veux plus rester ici. D’ailleurs, vous aurez besoin d’une servante. La comtesse, indécise, interrogea du regard Pont-Valin dont l’œil s’était mis à briller. — Elle a raison, Madame, nous aurons besoin d’elle, qu’elle vienne ! — Partons maintenant, souffla la comtesse qui ne vit pas le regard reconnaissant de la jeune fille à l’égard de Pont-Valin. On ...