1. Répétition Générale


    Datte: 26/08/2026, Catégories: Partouze / Groupe Auteur: CDuvert, Source: Hds

    Les applaudissements s'étaient tus depuis une heure. Le théâtre expérimental Saint-Michel, niché dans une ruelle pavée du 5ème arrondissement parisien, avait retrouvé son silence caractéristique – ce mélange de craquements de plancher ancien et d'échos fantômes de dialogues récités. Seule une rangée de projecteurs éclairait encore la scène d'une lumière blafarde. Six silhouettes s'y mouvaient, épuisées mais concentrées.
    
    Juliette essayait de masquer sa frustration. À vingt-six ans, elle possédait cette beauté nerveuse des danseuses reconverties au théâtre – corps fin, muscles tendus sous une peau diaphane, cheveux bruns coupés en un carré strict qui soulignait la détermination de sa mâchoire. Pour la troisième fois, elle reprit sa réplique finale, celle qui provoquait invariablement ce froncement de sourcils irritant chez Gabriel, le metteur en scène.
    
    « Plus de conviction, Juliette. Ton personnage ne supplie pas, elle affirme son désir. » La voix de Gabriel possédait cette gravité particulière qui faisait vibrer quelque chose dans son bas-ventre malgré elle. À quarante-cinq ans, il dégageait cette aura magnétique des hommes qui n'ont pas besoin d'élever la voix pour se faire obéir.
    
    « Je la sens... différemment, » hasarda-t-elle, les joues brûlantes de frustration.
    
    « Tu la sens mal, » trancha-t-il avant de se tourner vers Marc. « Reprends depuis ta déclaration. »
    
    Marc hocha la tête. Grand, les épaules larges, une barbe de trois jours encadrant des lèvres ...
    ... pleines, il jouait le rôle de l'amant avec un naturel troublant qui mettait Juliette mal à l'aise. Leurs corps se frôlaient constamment durant les répétitions, contacts professionnels qui laissaient pourtant sur sa peau l'empreinte invisible de ses mains.
    
    « Je ne peux plus vivre sans toi, » lança-t-il, sa voix soudain rauque, ses yeux noirs plantés dans ceux de Juliette. « Je t'ai dans la peau comme un poison. »
    
    L'air sembla se densifier autour d'eux. Elle sentit sa poitrine se soulever plus rapidement, une chaleur diffuse naissant dans son ventre. Marc n'était plus qu'à quelques centimètres d'elle, si près qu'elle percevait l'odeur boisée de son parfum mêlée à celle, plus animale, de sa transpiration après trois heures de répétition.
    
    « Et... coupez. » Gabriel se leva, contournant les autres comédiens attentifs. « C'est exactement ce dont je parle. Marc joue le désir. Toi, tu le récites. »
    
    La honte et la colère se disputèrent en elle. Thomas et Sarah, deux autres comédiens, échangèrent des regards gênés. Antoine et Claire, en retrait, feuilletaient leurs textes en feignant de ne pas écouter.
    
    « Bien. Il est tard, » déclara Gabriel en consultant sa montre vintage. « La répétition officielle est terminée. »
    
    Les autres commencèrent à rassembler leurs affaires, mais Gabriel leva une main autoritaire.
    
    « Avant que vous ne partiez... J'aimerais proposer quelque chose. Cette pièce parle de désir, de corps, de transgression. Et nous restons à la surface. » Il balaya du ...
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