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Trouillomètre à zéro !
Datte: 10/08/2026, Catégories: #journal, #nonérotique, #fantastique, Auteur: Melle Mélina, Source: Revebebe
Cela faisait des mois que Jack, Mortitia et Eydine envisageaient de parcourir les Highlands d’Ecosse – une région désertique, un paysage de désolation, de fougères à perte de vue, un badland aux quelques rares habitations. En cet fin d’après midi, les trois Anglais se perdaient dans les landes brumeuses d’Écosse. Il se faisait tard, le soleil qui n’était pas apparu de la journée, caché dans les nuages gris allait bientôt se coucher pour laisser la nuit noire prendre le relais. Harassés – cela faisait bien mille lieux que les Londoniens suivaient les indications de leur GPS. Une petite auberge non loin de là les attendait. La promesse d’un repas chaud, d’une bonne douche et de draps frais pour la nuit leur donnait du baume au cœur et du courage aux jambes. Les ténèbres enveloppaient à présent le paysage, seule la pleine lune éclairait la lande - suffisamment pour se diriger sur le sentier sinueux que les randonneurs empruntaient. À droite, à gauche, le néant était menaçant, le vent s’était tu. Dix minutes s’étaient écoulées dans ce silence étouffant lorsque un hurlement lointain brisa l’infini, comme un éclair déchire le ciel. Les trois compères se figèrent, leurs sens en alerte. Ils tentaient de pénétrer la noirceur des alentours, mais leurs regards ne pouvaient la percer. Ils balayaient l’obscurité de la lampe torche de leur portable, mais le faisceau lumineux ne renvoyait que le vide. L’odorat et l’ouïe surexcités, ils sentirent un effluve puis entendirent un ...
... simple craquement. Quelque chose, quelqu’un était proche. Les trois baroudeurs, main dans la main, n’osaient même plus respirer. Empreints à une indicible terreur, ils pouvaient sentir battre leur cœur et celui de leur compagnon. Leurs jambes semblaient ne plus pouvoir les soutenir tandis que leurs pieds étaient arrimés dans un sol bourbeux. Un souffle chaud puis un murmure ressemblant plus à un avertissement qu’une plainte leur parcourue l’échine. Puis un infernal grognement résonna dans l’obscurité. oooo 🎃 oooo Qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, le « Poney Fringuant » accueillait en son sein sept habitués. Quatre jouaient un ersatz de belote, deux autres - Mc Intosh, un vieux débris à barbe longue semblant sortir tout droit de l’univers de Tolkien et Mc Burger, au ventre pansu - une partie d’échec qui n’en finissait pas et Al O’Win, le vieux loup de mer borgne d’Irlandais. Ce dernier fumait sa pipe qu’il avait bourrée d’un tabac qui avait mariné dans du scotch de contrebande. La fumée s’insinuait dans son œil de verre et ressortait de ses narines poilues. Il avait le visage buriné par le vent des marées et par l’âge, les dents gâtées par manque de soin et il avait tellement la tremblotte à chaque fois qu’il levait son verre de gnôle pour tremper ses lèvres gercées, le liquide se répandait sur le zinc. Dans les volutes de fumées et les vapeurs d’éthanol, Adeline Mc Gween, la tenancière de ce trou à rats de vieux marins, rouspétait pour la forme et ...