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Ruraux vs Néo-ruraux
Datte: 26/07/2026, Catégories: #société, #ruralité, #nonérotique, #rencontre, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe
... qu’on perd, on ne sait pas toujours ce que l’on gagne. — Il doit être mieux que moi, puisqu’elle l’a préféré à moi. — Foutaises… Son amant, elle ne l’a côtoyé que pour des bons moments, hors du temps, pour des petits restos en tête-à-tête. C’est pareil à un amour adolescent qui commence, sans cette fameuse routine qui, paraît-il, détruit les couples. Elle va vite déchanter. Les soucis vont arriver, le quotidien, les factures à payer, les caleçons de son nouveau mec qui traînent partout, et j’en passe. Pour le moment, lui, c’est le prince charmant pour elle. La réalité va la rattraper, crois-moi. — Expérience vécue ? — Même pas… Bon sens paysan, ajouta-t-elle en rigolant. Un soir d’été, après une longue journée passée à réparer une clôture endommagée par un sanglier dans la ferme de Manon, Paul était assis à côté d’elle sur une botte de foin, face au soleil couchant. L’odeur de la terre fraîchement retournée, le chant des oiseaux et la brise tiède donnaient à l’instant une saveur particulière. Paul, les bras courbaturés, les mains pleines d’ampoules, le dos cassé, jeta un regard vers Manon. Elle était là, le front perlé de sueur, un brin de paille coincé dans ses cheveux blonds en bataille. — Tu sais, tu avais raison. — Pour ? J’ai souvent raison… — Clara ! Elle m’a contacté. Elle veut qu’on se remette ensemble. Elle regrette et veut qu’on rebâtisse notre couple. — Ah oui ? Et ? — Et, c’est non… Je lui ai dit que je souhaitais toujours divorcer. On ne ...
... rebâtit pas un couple qui a fait naufrage. On peut en bâtir un nouveau, mais ça, je n’en ai pas vraiment envie. — Tu as eu bien raison… Chien qui a mordu, mordra… — L’image est plutôt particulière. Encore du bon sens paysan ? Manon, lui donna un coup de coude dans les côtes. — Moque-toi de moi… — Tu sais, continua-t-il en fixant l’horizon, je crois que je suis heureux ici. Je crois aussi que je m’habitue à cette vie-là… Les débuts ont été délicats, mais je suis bien aujourd’hui. Je crois aussi que je pourrais bien m’habituer à toi aussi. — À moi ? Comment ça ? — Je crois que si tu n’étais pas là, j’aurais certainement dit à Clara de revenir. Manon a esquissé un sourire en coin, comme si elle s’y attendait. — Ah bon ? a-t-elle répondu, moqueuse. Ça veut dire que tu es prêt à troquer ton café en capsules recyclables contre un petit noir, fait à l’ancienne sur le poêle à bois ? — Déjà fait. — À te lever à 5 heures du mat’ pour la traite des chèvres sans râler ? Paul a grimacé, avant de concéder : — Bon, je peux essayer. — Prêt à ne plus appeler ton potager « mon projet de résilience alimentaire », mais juste « le jardin » ? Paul s’esclaffa : — J’ai dit des trucs comme ça moi ? — Quasiment… Un silence complice s’est installé entre eux. Le soleil terminait quasiment sa lente descente derrière les collines et un chien aboyait au loin. Manon, toujours assise à côté de Paul, jouait distraitement avec un brin d’herbe. Puis elle ajouta d’un ton moins ...