1. Angelica, couteaux enchantés


    Datte: 17/07/2026, Catégories: #nonérotique, cirque, Auteur: Patrik, Source: Revebebe

    Espagne, plus précisément Andalousie, milieu des années vingt (du XXe siècle).
    
    Depuis quelques mois, je travaille pour un petit cirque. Mon petit ami et moi en sommes actuellement les vedettes. Chaque soir, je me tiens debout contre un panneau de bois, dans diverses positions, tandis que mon Orlando chéri lance ses couteaux acérés qui atterrissent très près de mon petit corps douillet, sans jamais me toucher (c’est préférable).
    
    En revanche, la nuit, Orlando ne se prive pas de jouer avec ce même petit corps…
    
    Petit à petit, notre spectacle est devenu assez célèbre, mais la fierté de mon petit ami grandit également de jour en jour. Idiote comme je suis, je ne fais pas attention, mon homme n’étant pas un macho pour des prunes (ou des olives). Je suis assez fière de mon ténébreux hidalgo qui sait si bien me faire vibrer quand vient la nuit…
    
    L’un des musiciens, Bernardo, me tourne gentiment autour, mais hélas pour lui, je n’ai d’yeux que pour Orlando. Peut-être que, dans d’autres circonstances, je me serais laissé courtiser par ce gentil garçon un peu plus âgé de moi.
    
    Puis un matin, l’orage éclate pour une peccadille. Sous mon nez, Orlando s’entretient impétueusement avec le directeur :
    
    — Je mérite plus d’argent, c’est moi l’attraction principale ! J’ai des compétences particulières. J’exige d’être mieux traité !
    
    Le directeur et propriétaire du cirque essaye de lui expliquer qu’il faut payer tout le monde (autres artistes, musiciens, machinistes, nourriture ...
    ... des animaux, les impôts…), qu’il y a des frais divers en tout genre et plein d’autres broutilles obligatoires qui réclament des sous. Mais Orlando n’en démord pas :
    
    — C’est ça ou je me casse !
    
    Pour ma part, je soupçonne le directeur s’en mettre plein les poches, surtout qu’il a changé de train de vie depuis quelques semaines. Assez embêté, il se gratte la tête :
    
    — Bon, y a une solution : je diminue de moitié le salaire de ta partenaire et je te donne la différence, avec un petit bonus !
    — OK, faisons comme ça. De toute façon, Angelica, elle ne fout rien ! Tout ce qu’elle fait, c’est de ne pas bouger ! C’est moi seul qui ai du talent !
    
    Entendant cette flagrante injustice, je me rebiffe :
    
    — Comment ça, je ne fous rien ? Je risque ma vie presque chaque soir !
    — Tu ne risques rien, puisque je suis un as du couteau !
    
    Avant que je puisse répondre, le directeur revient à la charge :
    
    — Bah, comme vous êtes ensemble, ça ne changera pas grand-chose ! Et puis y aura le petit bonus.
    
    Ce n’est pas très intelligent de sa part de dire ce genre de choses. Je deviens nettement plus véhémente :
    
    — Ah oui ? Ben non, car Monsieur Orlando est un gros radin ! Et la plupart du temps, c’est sur mes sous qu’on bouffe, car jamais il ne va faire les commissions ! Et en plus, il ne me donne même pas un seul billet ! Pourtant, c’est un gros morfal !
    
    Absolument pas complexé, mon compagnon fait la moue :
    
    — Des commissions ? Pff, un homme comme moi ne s’abaisse pas à ce genre ...
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