1. La revue danoise – Avant


    Datte: 11/07/2026, Catégories: #psychologie, #drame, #confession, Auteur: Patrik, Source: Revebebe

    Ça fait maintenant un peu plus de trois ans que je suis marié, ma fille va sur ses quinze mois. Solange, ma femme, est infirmière de bloc et n’est pas toujours présente pour Gwenaelle. Je la remplace auprès de notre bébé, étant fonctionnaire de mairie, car j’ai des horaires nettement plus réguliers et diverses facilités. Contrairement à certains de mes collègues, ça ne me dérange pas du tout de m’occuper de ma fille, de lui donner à manger, de la laver et de jouer avec elle.
    
    — Pourquoi tu fais ça, François ? C’est pas le rôle du père !
    — Ah oui ? Et si moi, ça me convient de m’occuper de ma fille ? Je te signale qu’on est 1976, pas en 1876 !
    
    Concernant le métier de ma femme, la chirurgie orthopédique, quand vous êtes sur une prothèse de bassin, vous ne pouvez pas annoncer la bouche en cœur :
    
    — Bon, c’est l’heure, on finira l’opération demain matin.
    
    Non, il faut aller jusqu’au bout. Et parfois, des complications surviennent, ce qui augmente singulièrement la durée de l’acte chirurgical. Donc souvent, trop souvent, ma femme part tôt le matin, et revient quand la petite est déjà couchée. Le pire est que, parfois, Solange doit aussi être sur le pont le samedi, car dans sa clinique, ils sont en manque d’infirmières. En effet, il y a deux fois plus de chirurgiens que d’infirmières ! Eh oui !
    
    En contrepartie de ses horaires de dingue, elle gagne très bien sa vie, mais la seule fois qu’elle profite réellement de la vie, c’est quand nous partons en vacances. Car ...
    ... souvent, le dimanche, elle dort pour rattraper son quota d’heures de sommeil.
    
    — Ma chérie, ralentis, tu vas y laisser ta santé !
    — Plus vite on aura remboursé le prêt, plus vite on se sentira mieux !
    — Là actuellement, c’est toi qui ne te sens pas bien ! Tu vas finir par ruiner ta santé ! On peut s’en sortir sans trop se priver, on travaille tous les deux, je te signale. Lève le pied, s’il te plait !
    — J’y réfléchirai…
    
    Ma femme n’a pas eu beaucoup de chance dans son enfance, elle a grandi seule et unique enfant, auprès d’une mère, elle aussi fille unique, absente et peu motivée. En plus, son père est décédé accidentellement au moment de sa naissance. Elle n’a pas vraiment eu de famille, presque une orpheline. Je me demande parfois si Solange ne reproduit pas le modèle maternel à son insu…
    
    Tout ça pour dire que Gwen ne voit pas souvent sa mère.
    
    Durant la pause du midi, Didier, un collègue avec qui je déjeune la plupart du temps sur place, me tend une revue olé-olé. Étonné, je demande :
    
    — Que veux-tu que j’en fasse, de ta revue ? De plus, c’est même pas écrit en français !
    — Pour regarder des images, on se fout de la langue. Ouvre ce magazine, là où j’ai mis un repère-page…
    
    Assez intrigué, je fais ce qu’il me demande. Didier doit avoir une bonne raison. Et là, la double page ouverte, je suis franchement stupéfait : ma femme toute nue, dans des positions plutôt scabreuses !
    
    — Attends, c’est pas fini, François ! Tourne la page.
    
    Maintenant, c’est toujours ma ...
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