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Au-delà des voiles
Datte: 28/06/2026, Catégories: #romantisme, fh, danser, amour, Auteur: Maryse, Source: Revebebe
... hurler une vérité. J’ai perçu le cri. J’aimerais en comprendre le sens. Ses mots la frappèrent de plein fouet. Pour les autres, elle n’était qu’une illusion sur scène, un fantasme. Lui voulait la percer à jour. Elle détourna les yeux, mal à l’aise. — Vous êtes journaliste ? lança-t-elle, presque sarcastique. Toujours à fouiller là où il ne faut pas ? Un sourire amusé étira brièvement les lèvres de son interlocuteur. — Je suis photographe. Ce n’est pas votre surface qui m’intéresse, mais ce qu’elle reflète. Ce que vous tentez de contenir, de dissimuler. La colère monta en elle, vive, incontrôlable. — Vous ne savez rien de moi. Sa voix tremblait, mais elle soutint son regard. Il avança encore, jusqu’à ce qu’elle distingue le bleu acier de ses yeux. — Alors, laissez-moi le découvrir. Elle déglutit, troublée. Tout en lui – sa voix, son calme, sa façon de la sonder – ébranlait les protections dont elle s’entourait. — Pourquoi ? murmura-t-elle. Pourquoi moi ? Il marqua une pause, cherchant ses mots. — Parce que vous êtes vraie. Et parce que, dans vos mouvements, j’ai vu la beauté et la douleur se transcender. J’aimerais capturer cela. Ces mots résonnèrent en elle. Il voulait révéler ce qu’elle cachait au monde, ce qu’elle fuyait en dansant. — Vous voulez faire de moi votre modèle ? demanda-t-elle, incrédule. — Non. Pas un modèle. Une muse. Le silence entre eux était chargé d’une tension qu’elle ne savait nommer. Elle aurait pu ...
... partir, s’éloigner, refermer cette étrange parenthèse. Mais elle plongea dans ses yeux et y vit une promesse : celle d’être vue, vraiment vue, sans jugement. — Je ne suis pas sûre d’être prête, murmura-t-elle enfin, déstabilisée. — Prenez votre temps. Il sortit une carte de visite et la lui tendit. D’un geste hésitant, elle la prit puis, par pure politesse, la rangea dans son sac, sans y jeter un regard. Lorsqu’elle releva le visage, il avait déjà disparu dans la nuit… Une fois rentrée chez elle, elle fut incapable d’aller se coucher. Pourtant, elle était exténuée. Les événements qui s’étaient produits – sa conduite sur scène, l’inconnu au regard acéré, leur rencontre inattendue et l’étrange proposition – tournaient en boucle dans son esprit, ne lui laissant aucun répit. Tout cela la hantait. Elle oscillait sans cesse entre incrédulité, agacement et remords. Le souvenir du photographe refusait de la laisser tranquille. Son regard, ses paroles, même son odeur, semblaient s’être imprimés en elle, impossibles à ignorer. Après des années à maintenir une distance soigneusement calculée avec le monde des hommes, pourquoi tout en elle semblait-il vaciller soudainement ? Pourquoi ce trouble, ce tumulte, cette tension qu’elle ne comprenait pas ? Elle n’avait personne à qui parler de ce qu’elle ressentait, personne qui aurait pu l’aider à démêler ce nœud qui se serrait inexorablement autour d’elle. Elle se leva brusquement, excédée. Tout ce qu’elle avait appris, tout ce ...