1. Lundi linceul à Venise - 1


    Datte: 24/06/2026, Catégories: Humour #aventure, #policier, ff, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe

    ... qui ornait quasiment tout un mur. Une jungle luxuriante, d’où émergeaient quelques animaux, dont une panthère noire, un boa, quelques antilopes, des singes, ainsi que des oiseaux multicolores. Cette jungle occupait les deux tiers du tableau. Vision exotique, mais poétique. Le dernier tiers représentait une clairière, une femme et un homme, nus, de dos, se tenaient par la main et observaient de loin une cité futuriste :
    
    — C’est beau, on dirait le Douanier Rousseau, mais dans un monde futuriste.
    — Mouii, une représentation d’Adam et Eve quittant le paradis originel et affrontant le monde réel, sacré choc ! Et ils n’ont encore rien vu, répondit Chloé en brisant des glaçons avec un pic à glace, puis en les broyant avec un pilon. Le Douanier Rousseau ? Oui ! Son style, raillé à l’époque, jugé « primitif », est finalement l’exaltation du mythe de l’innocence. Comme Gauguin à sa façon, le Douanier cherchait un retour à la pureté des origines. À l’époque, il était de bon ton de se gausser de l’œuvre du Douanier Rousseau, on l’a traité d’amateur, de « naïf ». Pourtant, certains, comme Apollinaire ou Breton, ne s’y sont pas trompés. Ils étaient fans. Pour ma part, je pense que le Douanier Rousseau influencera Picasso ou Dali. Son tableau La Guerre, pour moi, aura plus qu’inspiré Guernica. Picasso n’est qu’un copieur finalement. Mais cette toile, ce n’est pas le Douanier. Ses tableaux sont dans des musées aujourd’hui. Celle-là, c’est moi qui l’ai peinte, je me suis inspirée de sa ...
    ... toile « Le Rêve ».
    — C’est vrai ? C’est vous ? Vous avez du talent.
    — Merci, dit Chloé en tranchant quelques citrons verts et jaunes en rondelles, de quelques gestes assurés, puis en râpant le zeste d’un dernier citron au-dessus des verres.
    
    Elle déposa les deux verres de vodka sur la table basse et s’assit sur le canapé, près de la fille :
    
    — Moi, c’est Chloé. Je crois qu’on peut se tutoyer maintenant, après ce qu’on a vécu ensemble.
    — Oui, merci…
    — Regarde-moi ça ! Ces sauvages ! Ils ont filé tes collants… Tssss… lui dit-elle en posant le plat de sa main sur sa cuisse. Alors, tu me racontes ?
    — Je m’appelle Valentina. Valentina Di Tomaso.
    — Valentina Di Tomaso ? Américaine d’origine italienne, c’est ça ?
    — Oui.
    — Et ces deux types, Ducon et Machin ?
    — Je ne sais pas qui ils sont. Je suis juste arrivée à Paris, hier après-midi. Je suis seulement sortie dans l’après-midi. Mon père aux États-Unis m’a confié une mission ici, pendant mes vacances.
    — Comment ça ?
    — Aller chez une de ses connaissances et récupérer un parchemin.
    — Un parchemin ?
    — Oui, je devais aller chez le Signore Sidonio Pecoraro, un vieil ami à lui qui conservait ce parchemin.
    — Et c’est quoi ce parchemin, c’est peut-être pour ça que tu as été agressée.
    — Tu crois ?
    — Il y a des chances, je ne vois pas autrement pourquoi deux types, apparemment des pros s’en prendraient à une touriste américaine. C’est quoi au juste ce document ?
    — Je ne sais pas trop ce que c’est. Mon père collectionne les ...
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