1. L'Acadianne (2/2)


    Datte: 15/06/2026, Catégories: Entre-nous, Hétéro Auteur: Pessac, Source: Hds

    ... demain, au marché de Casairs ? Est-ce que ce n'est pas perdre son temps de toute façon ? Il a tout essayé pour contrer cette garce de Madeline : il a baissé ses prix, pratiqué le dumping, vendu à perte, placé des étiquettes bio sur certains de ses produits. Il s'est escagassé à enlever un par un les autocollants Maroc, Espagne ou Pérou sur ses fruits ! Tout ça pour rien, si ce n'est le risque de se faire toper par la Répression des Fraudes !
    
    C'est qu'elle sait s'y prendre pour attirer le chaland cette salope avec ses décolletés ravageurs et ses jupes ras le bonbon. Et puis merde, c'est vrai qu'ils sont beaux ses légumes. Et quand ils sont un peu tordus, elle les vend comme "légumes moches", légèrement moins chers, ce qui ravit les bobos et bien d'autres. Comme elle produit tout ce qu'elle vend, elle peut pratiquer des prix raisonnables, à peine plus élevés que les siens. Merde, lui n'est pas producteur, juste revendeur... Ses fournisseurs, il doit les payer !
    
    Bon, tant qu'elle se limitait à Casairs, ça pouvait encore passer. Mais depuis le début de l'année, elle est venue planter son stand bio dans trois autres communes. Il a soudoyé les placeurs pour qu'ils lui refusent tout emplacement mais ces connards ont empoché son fric pour ensuite faire des ronds-de-jambes à la donzelle ! Et lui donner des emplacements de première ! Dieu sait ce que cette pute leur a donné ou promis...
    
    Il ne sait plus quoi faire. Toutes ses diverses tentatives, de la première à la dernière, ...
    ... pour couler son exploitation ont échoué.
    
    Non vraiment, il ne sait plus quoi faire le père Ponton et il arpente son hangar en claudiquant...
    
    ---oOo---
    
    Les gendarmes débarquent sur l'exploitation en milieu d'après-midi. Surprise, Madeline s'avance à leur rencontre.
    
    — Adjudante Malavoix, Messieurs, vous avez déjà des nouvelles de mon visiteur nocturne ?
    
    — Non, pas encore... Mais nous ne sommes pas là pour ça.
    
    — Ah ! Et pourquoi donc ?
    
    La gendarmette est embarrassée.
    
    — En fait, nous venons voir Monsieur Joao... de Oliveira. Il travaille bien chez vous ?
    
    — Oui, répond Madeline interloquée. Suivez-moi... J'imagine que si je vous demande pourquoi vous voulez le voir, vous ne me direz rien...
    
    — On veut juste lui poser quelques questions. Mais vous pourrez rester avec nous, ajoute-t-elle avec un sourire complice.
    
    Quand ils rejoignent Joao, celui-ci, le menton appuyé sur sa grelinette, sourit, comme s'il s'attendait à cette visite.
    
    L'adjudante attaque bille en tête :
    
    — Monsieur de Oliveira, un certain Fabrice Lelong a porté plainte contre vous pour coups et blessures ayant entraîné une incapacité de travail de six semaines. Son nom vous dit quelque chose ?
    
    — Absolument pas ! Mais s'il s'agit d'un des trois salopards à moto qui nous ont attaqué hier soir, mon ami Benjamin et moi, alors oui, je sais qui il est. Je reconnais d'ailleurs lui avoir flanqué une sacrée rouste, ainsi qu'à ces deux copains nazis.
    
    L'adjudante sourit et prend Madeline à ...
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