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Duel
Datte: 14/06/2026, Catégories: #sciencefiction, Auteur: Myhrisse, Source: Revebebe
... s’encombrer ? Alhya savait qu’elle pouvait avancer sans se faire voir. Seul son corps l’encombrait. Il réclamait une pause, et ce alors même qu’il ne s’agissait que d’un jeu vidéo. Certes, elle bougeait mais à peine, l’ordinateur traduisant une infime contraction d’un muscle en mouvement ample dans le jeu. Alhya était consciente de ses limitations physiques. Dans le monde réel, elle n’arriverait jamais à réaliser les mêmes prouesses. Elle passait tout simplement trop de temps derrière des fourneaux et dans un lit ou un canapé. Fort heureusement, pas de passage maritime en vue. Scénario de type ville dans un pays chaud. Elle se donna à fond. Elle sentait venir la limite. Elle risquait la blessure. Elle oublia son corps pour atteindre le point d’extraction en premier. L’écran de victoire lui permit de s’asseoir. Lorsque la partie suivante – un duel à mort – se lança, Alhya se leva et n’acheta toujours rien. Elle se promena dans le monde, trouva aisément son adversaire qu’elle était censée tuer et réciproquement et s’avança vers lui à terrain découvert, les paumes visibles. Il la braqua de son arme mais ne tira pas, se demandant probablement ce qu’elle foutait. — Salut, dit-elle lorsqu’elle fut à portée. Je m’appelle Alhya. Ce disant, elle lui tendit sa main droite vide. Il fronça les sourcils. — Il y a fort à parier qu’on ne se rencontrera jamais dans la vraie vie. C’est l’occasion ou jamais, non ? Il se crispa puis rengaina son arme d’un geste ...
... fluide et souple. Il observa la main tendue mais ne la saisit pas. — Tu sais, c’est un honneur pour moi que de jouer en ta compagnie. J’apprécierais vraiment qu’un jour, tu me battes, parce que ça voudra dire que tu seras devenu un meilleur protecteur du peuple et si c’est un peu grâce à moi, alors je serai la plus heureuse des femmes. Il la transperça du regard puis sourit et serra sa main tendue. — On ne se verra jamais dans la vraie vie ? demanda-t-il, le regard perçant. — J’existe réellement, assura-t-elle. Ton escouade te le confirmera. C’est juste que je ne suis pas une spéciale. Je n’ai, normalement, pas le droit de quitter l’immeuble où je suis assignée… sauf évidemment en cas de force majeure et visiblement, me faire braquer par des spéciaux en fait partie. Il rit. — Tu me rends la pareille ? proposa Alhya. — La pareille de quoi ? demanda-t-il. — Tu m’as déjà vu nue, rappela Alhya, et en gros plan il me semble. Ce serait déshonorant de ne pas me rendre la monnaie de ma pièce. — Je ne vais pas me désaper ! s’exclama-t-il. — Et pourquoi pas ? Nous sommes les deux seuls humains du coin, il me semble ! répliqua Alhya. — Ils nous entendent, rappela le spécial. — Ils ne nous voient pas, rétorqua Alhya. Et puis, ce n’est pas réellement ton corps. Juste des zéros et des uns. Un silence s’installa puis le nordiste entama un lent strip-tease. Alhya s’en mordit la lèvre inférieure de plaisir. Il proposait un corps tellement parfait. Alhya ne manquait pas ...