1. Chuter, se relever, et avancer


    Datte: 12/06/2026, Catégories: #drame, #romantisme, #consolation, #vengeance, #couple, fh, couple, handicap, sport, amour, reconcil, Auteur: Rainbow37, Source: Revebebe

    ... jours passent et Martin veille inlassablement auprès de Babeth. Grâce à ses bonnes relations avec son patron, il a pu aménager ses horaires de travail ou prendre des congés anticipés. Sa présence silencieuse est un réconfort pour elle dans ses moments de douleur.
    
    Pourtant, un matin, Martin pousse la porte de la chambre. Babeth est assise près de la fenêtre, le regard perdu au-delà des vitres embuées. Une enveloppe froissée repose entre ses doigts. Il l’appelle doucement. Aucune réaction. Il s’approche, répète son nom. Enfin, elle tourne lentement la tête et tend l’enveloppe vers lui, sans un mot.
    
    — Ça vient d’un avocat, murmure-t-elle. Je ne le connaissais pas… C’est le tien.
    
    Son ton est étrange, entre l’abattement et une résignation feutrée. Martin déglutit. Il sait ce que c’est. Il sait ce qu’il a fait. Avant l’accident, avant que tout bascule.
    
    — Je suis désolé, souffle-t-il.
    
    Babeth baisse les yeux sur le papier. Son sourire est fragile, presque imperceptible.
    
    — Tu as fait ce que tu devais faire. C’est juste… brutal. Mais je l’ai bien cherché.
    
    Un silence les enveloppe, lourd comme un ciel d’orage. Aucun reproche. Juste une tristesse sans éclat, usée par les jours passés à tout perdre. Babeth souffle de dépit.
    
    — Elle a raison.
    — De qui tu parles ?
    — De cette femme qui t’a giflé l’autre jour… J’ai tout gâché. J’ai tout détruit. J’ai voulu me perdre, et j’ai entraîné tout le monde avec moi. J’ai tellement honte. Même l’accident… c’est ma faute. ...
    ... Je lui ai fait une fellation pendant qu’il conduisait. Quelle horreur, par ce que je me détestais pour ce que j’étais devenue. Je… Je voulais me punir. Et maintenant, je n’ai plus rien. Plus de jambes. Plus de famille. Je suis finie.
    
    Martin ne sait pas quoi répondre, mais finalement il inspire profondément et déclare d’un ton résolu :
    
    — Tu peux encore reconstruire quelque chose. Tu étais passionnée par le sport, non ? Pourquoi ne pas essayer de revenir, d’une autre manière ?
    
    Babeth le regarde, incrédule.
    
    — Martin… Tu m’as vu ?
    — Je suis prêt à t’aider. Pour toi. Pour les enfants.
    — Et pour nous ?
    
    Il ne répond pas immédiatement, lui dire que c’est bel et bien fini pourrait la terrasser alors qu’il tente de redonner un sens à sa vie.
    
    — Pour l’instant, concentre-toi sur ta guérison. Le reste, notre séparation… on verra plus tard.
    — Je… Je ne pourrais pas le faire sans toi.
    — Alors… Je suis prêt à t’assister. De toute façon, tu auras besoin de quelqu’un pour t’aider à la maison, le temps que tu retrouves ton autonomie.
    
    Babeth détourne à nouveau le regard vers la fenêtre, mais cette fois avec une lueur nouvelle sur son visage. Peut-être… peut-être qu’il y a encore quelque chose à sauver.
    
    *****
    
    Les jours suivants à l’hôpital sont marqués par des progrès lents, mais constants. Chaque petite victoire, comme se lever seule ou bouger avec plus d’aisance, est célébrée discrètement, nourrissant un espoir fragile. Un jour, après une session de rééducation ...
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