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Anouk, l’été de mes 19 ans (épisode 2)
Datte: 11/06/2026, Catégories: Première fois Auteur: Pierre59, Source: Hds
Chapitre IV – L’évidence aux yeux du monde Ce qui n’avait été qu’une étincelle cachée, un frémissement discret entre nous, devint peu à peu lumière évidente. Anouk et moi, nous n’avions jamais cherché à nous exposer. Mais il est des choses qu’on ne peut pas dissimuler : la lenteur d’un regard, la façon dont deux mains se croisent sans se chercher, le silence habité qu’on partage même au milieu du bruit. Et dans ce centre équestre où tout le monde vit au rythme des sabots et du foin, chacun avait fini par voir. Des sourires complices nous suivaient dans l’écurie. Un moniteur a un jour glissé, l’air de rien, « Alors les amoureux, on se prépare à la vie à deux ? » Anouk avait rougi, mais n’avait pas détourné les yeux. J’avais souri sans répondre. Puis vint la soirée d’été, organisée par le club pour célébrer la fin d’un stage. Il y avait des guirlandes accrochées aux branches, des salades froides dans de grands saladiers, un barbecue qui fume et des verres de rosé tiédi dans les mains. Et au milieu de tout ça : ses parents. Je l’avais su dès que je les avais vus. Le père, droit, taillé comme un ancien cavalier, regard scrutateur. Il avait salué tout le monde avec cette politesse un peu rigide des hommes de principes. Lorsque nos yeux se sont croisés, lui et moi, j’ai compris. Il avait vu. Compris. Deviné. Plus tard dans la soirée, alors qu’Anouk riait avec une amie non loin, il m’a abordé seul, à l’écart, près du vieux tracteur rouillé. Vous ...
... êtes proche de ma fille, a-t-il dit, sans colère, mais sans chaleur. Oui, ai-je simplement répondu. Trop, sans doute, pour ce que j’ai en tête pour elle. Ses études demandent de la rigueur, de l’indépendance. Pas des distractions. J’ai soutenu son regard. Je n’avais ni honte, ni arrogance. Juste l’intuition profonde que j’étais là pour de bonnes raisons. Je ne suis pas une distraction, monsieur. Elle n’est pas seule à avancer. Elle m’apprend autant que je lui donne. Elle a 18 ans. Ce genre d’histoire finit toujours par poser problème. Il s’est éloigné, sans attendre ma réponse. Et j’ai senti, dans ma gorge, une colère calme. Pas contre lui. Mais contre ce monde où il fallait encore se justifier d’aimer, de désirer, de construire à deux. Chapitre V — Le voyage Quelques semaines plus tard, nous nous sommes engagés tous les deux pour un concours de sauts d’obstacle. Une belle occasion de se confronter à d’autres, à trois heures de route. Le trajet s’est fait dans un van loué pour l’occasion, conduit par l’un des encadrants. Nous étions assis côte à côte à l’arrière, les chevaux derrière nous. Il y avait ce calme presque solennel des longues routes, ce silence tissé de regards. Ses doigts frôlaient les miens. Elle souriait sans dire un mot. Arrivés à destination, nous avons logé dans une ancienne auberge rustique. La chambre était simple : deux lits rapprochés, des murs en lambris, et une fenêtre ouverte sur un petit champ d’orge. Le club avait ...