1. « Clémence » (10) : Bettana


    Datte: 08/06/2026, Catégories: Dans la zone rouge, Auteur: Olga T, Source: Hds

    ... suffira qu’elle avorte.
    
    - Ne me prends pas pour un imbécile. C’est elle qui s’est fait un plaisir de me le dire. Tu pensais que je ne le saurais pas. Tu voulais me faire assumer un bâtard ! Tu vas me le payer cher ! Weld el kahba !
    
    - Promis patron ! Je ne savais pas qu’elle est en cloque. Elle ne m’a rien dit.
    
    - Tu es viré Zakaria ! Je te conseille de quitter Rabat au plus vite. J’ai un dossier, que je vais transmettre à la police, au sujet de tes petits trafics, de tes misérables combines de petit voyou, de trafiquant, de proxénète.
    
    - Ne faites pas ça, Sidi Youssef. Je sais beaucoup de choses, à commencer au sujet de la putain française.
    
    - Tu oses me menacer, sale chien ! Essaie et je chargerai mes hommes de main de s’occuper de toi. Ils te feront bouffer tes couilles.
    
    Zakaria tenta de se reprendre.
    
    - Excusez-moi, Sidi Youssef. Je ne vous trahirai pas. Je ne suis pas fou.
    
    - Tu as intérêt. Je te conseille de disparaître, de retourner dans ta montagne et que je n’entende plus jamais parler de toi !
    
    Youssef, furieux, raccrocha brutalement. Demain, il chargerait ses hommes de confiance de faire taire Zakaria, définitivement. Il ne pouvait faire confiance à ce garçon. La police conclurait à un règlement de comptes.
    
    Zakaria n’avait jamais eu peur de rien ni de personne. Ce soir, il était livide, la sueur froide coulait de son front. Il avait perdu son emploi et son protecteur. Mais c’était plus grave. Il connaissait Youssef Al Fassi. Il ne menaçait ...
    ... jamais en vain.
    
    Que faire ? Aller dénoncer Youssef à la police n’était pas une solution, car celui-ci y avait noué trop de complicités. Prévenir Michel ? Il ne savait pas où il se trouvait et ne faisait pas confiance à celui qu’il avait tant humilié.
    
    Zakaria ne vit qu’une option : Fatima. Certes, celle-ci était dans une situation très délicate, devant faire face aux accusations d’adultère et d’homosexualité, qui pesaient contre elle et avec lesquelles la justice chérifienne ne plaisante pas. Mais sa famille était puissante et Fatima était une battante, la seule capable de s’opposer à Al Fassi.
    
    A la grande surprise de Zakaria, Fatima répondit à son appel.
    
    - Pardonnez-moi, Lalla Fatima, mais il faut que je vous rencontre tout de suite. Il se passe des choses très graves. Je ne veux pas parler au téléphone. Je crains que nous soyons sous écoute.
    
    - Je suis au Sofitel, depuis que j’ai reçu la notification des plaintes de Youssef contre moi.
    
    Zakaria se présenta à l’accueil de l’hôtel. La réception le conduisit au bar du rez-de-chaussée, désert à une heure si tardive. Il y avait seulement deux hommes, à une distance respectable, qui ne perdaient pas de vue Fatima.
    
    - Ne pourrions-nous pas aller dans votre chambre, Lalla Fatima, de façon à éviter toute oreille indiscrète ?
    
    - Pas question. Je ne veux pas recevoir dans ma suite un homme comme toi. Je n’ai pas envie qu’on m’accuse d’un autre adultère, dit-elle en souriant.
    
    - Vous êtes une très belle femme, mais ...