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« Clémence » (10) : Bettana
Datte: 08/06/2026, Catégories: Dans la zone rouge, Auteur: Olga T, Source: Hds
... l’odeur de l’alcool et celle des cigares. Il referma la porte sans un mot. Sa silhouette, large, se dessina dans la lumière faible. Il ne se précipita pas. Il savait qu’il avait le temps. Il était chez lui. Il venait pour ce qu’il considérait comme son dû. Clémence se redressa sur un coude, méfiante, nue sous les draps. Elle sentit sa gorge se serrer. Elle avait envisagé que Youssef allait tenter de la séquestrer, mais elle n’imagina pas un seul instant que cette chambre était en réalité la chambre conjugale. - Tu pourrais frapper, au moins, murmura-t-elle. Youssef rit, un rire bas, dédaigneux. - Frapper ? Tu crois que je suis ici en visite ? Tu es dans mon lit, Clémence. Tu es désormais ma femme Ou tu l’as déjà oublié ? Je te le répète. Je ne te force pas. Tu n’as qu’un mot à dire et je te jette dehors, nue, comme la putain que tu es ! Elle serra les dents. - Je ne suis pas ta femme. Tu n’es rien pour moi. Il s’approcha du lit lentement, s’assit au bord du matelas, tout près d’elle. Son regard se promenait sur son corps, qu’elle s'efforçait de couvrir du drap. - Et toi, tu es une salope en cavale. Une bourgeoise salie, ruinée, à qui plus personne ne viendra en aide. Même pas ce pauvre Michel. Le nom de son mari la fit tressaillir. Youssef le vit. Il appuya. - Michel… Tu crois qu’il est loin d’ici ? Qu’il est en sécurité ? Clémence, j’ai des amis partout. Dans les aéroports. Dans les hôtels. Si je décide de le faire… Disparaître… Il ne ...
... termina pas la phrase. Il n’en avait pas besoin. Clémence le fixa, glacée par la menace qu’il venait de formuler. Elle voulait hurler. Mais elle n’avait plus de voix. Plus de force. Juste une peur lancinante qui lui vrillait le ventre. Elle savait que Youssef ne plaisantait pas. - Tu n’oserais pas…Ne lui fais pas de mal ! Je t’en supplie ! Youssef se pencha, colla ses lèvres à son oreille. - Tu veux parier ? On peut commencer par une oreille, ou un doigt. - Qu’est-ce que tu veux ? souffla-t-elle. Il posa la main sur sa cuisse, doucement. Comme un amant. Comme un voleur. - Ce qui m’est dû. Ton obéissance. Ton corps. Ton… Respect. - Tu n’auras jamais mon respect, Youssef. Il sourit. - Alors contente-toi de bien jouer ton rôle. Et tout ira bien. Elle ferma les yeux. Un instant. Long. Quand elle les rouvrit, il s’était allongé à côté d’elle. Le drap ne les séparait plus. Son torse touchait son épaule nue. - Dis-le, ordonna-t-il. Appelle-moi comme il se doit. Elle tourna la tête, croisa son regard. Ce regard de prédateur repu, mais avide encore. - Je t’en prie… - Dis-le, Clémence. Elle retint sa respiration. Et finit par murmurer : - … mon chéri. Clémence comprenait que rien n’arrêtait cet homme. Alors, si sa docilité pouvait préserver son Michel, à qui elle avait déjà fait tant de mal. Youssef inspira lentement, satisfait. Il se pencha sur elle, l’embrassa dans le cou. Elle ne répondit pas, mais ne se déroba pas non plus. Son ...