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L'oiseau rare - partie 1
Datte: 16/05/2026, Catégories: Entre-nous, Hétéro Auteur: CDuvert, Source: Hds
Chapitre 1 : L'échouage de l'oiseau rare La Porsche Cayenne ronronnait sur l'asphalte chauffé des Cévennes, ses lignes effilées fendant l'air lourd de cette fin d'après-midi de septembre. Camille avait baissé toutes les vitres, laissant le vent jouer dans ses cheveux châtains aux reflets cuivrés. Ses lunettes de soleil griffées masquaient des yeux verts où dansaient des paillettes d'or, témoins de sa nature passionnée. Elle fuyait Paris et ce vernissage insipide où les mêmes visages blasés avaient défilé devant des toiles sans âme. À vingt-huit ans, directrice de la galerie Montclair, elle maîtrisait parfaitement les codes de ce milieu sophistiqué, mais ce soir-là, une lassitude inexplicable l'avait poussée vers la route. Sa robe de soie noire moulait ses formes harmonieuses – seins hauts et fermes, taille marquée, hanches pleines qui ondulaient naturellement à chacun de ses pas. Elle incarnait cette femme moderne qui avait embrassé sa sensualité sans compromis, collectionnant les amants comme d'autres les œuvres d'art. Le premier bruit métallique la fit froncer les sourcils. Un claquement sourd résonna sous le capot, suivi d'une vibration inquiétante. Camille ralentit, cherchant du regard un endroit où s'arrêter sur cette route de montagne déserte. "Merde, pas maintenant", murmura-t-elle entre ses dents. Elle regarda avec inquiétude un panache de fumée blanche qui s’échappait du capot moteur. La Porsche toussa, cracha, puis s'immobilisa définitivement dans ...
... un râle d'agonie. Le silence de la montagne l'enveloppa brutalement, remplaçant le ronronnement familier du moteur par le chant des cigales et le bruissement du vent dans les chênes verts. Camille sortit de la voiture, ses escarpins Louboutin crissant sur les graviers. Elle souleva le capo, révélant un enchevêtrement de métal fumant qu'elle ne savait pas déchiffrer. Ses connaissances en mécanique se limitaient à actionner le démarreur. Au détour du virage, on apercevait les premières maisons de pierre sèche d'un village perché. Saint-Julien-des-Pierres, indiquait un panneau délavé. Population : 47 habitants. L'endroit semblait figé dans un autre siècle, bien loin des références de son monde à elle. Camille remonta la route à pied, ses talons la martyrisant sur l'asphalte irrégulier. Sa robe de créateur se froissait, ses cheveux perdaient leur ordonnancement parfait. Cette déchéance vestimentaire l'irritait plus que la panne elle-même. La place du village s'organisait autour d'une fontaine de pierre où coulait une eau cristalline. Quelques maisons aux volets clos témoignaient d'un exode rural ancien. Mais des détails incongrus attirèrent son attention : des jardins potagers soigneusement entretenus, des cordes à linge chargées de vêtements colorés, l'odeur du feu de bois qui s'élevait d'une cheminée. "Vous cherchez quelque chose ?" La voix masculine la fit sursauter. Un homme d'une trentaine d'années se tenait près de la fontaine, torse nu, les cheveux bruns ...