-
La dernière danse
Datte: 09/05/2026, Catégories: #nonérotique, #conte, #romantisme, #nostalgie, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe
... et en chantant autour de leurs tombes. Cela remonte aux origines aztèques du pays. oooOOOooo Parmi la foule en liesse, Juan avançait, le cœur serré. Ses mains tremblaient autour du bouquet de cempasuchil qu’il portait, et chaque pas vers le Panteon de Dolores, le plus ancien cimetière de Mexico, était plus lourd que le précédent. Ce soir, il espérait revoir Estrella. Un an plus tôt, elle et lui dansaient dans ces mêmes rues, insouciants, leurs rires se mêlaient à la musique. Puis la tragédie les avait séparés. Un accident, une nuit de pluie, et Juan s’était retrouvé seul. Depuis, il errait, hanté par son absence. Mais ce soir, c’était différent. Arrivé au cimetière, Juan sentit l’atmosphère changer. Ici, la fête prenait une teinte plus intime. Les familles veillaient autour des tombes, organisaient des pique-niques, partageaient tequila ou Mezcal, ainsi que des souvenirs, avec les défunts. Des ombres dansaient sous la lumière tremblotante des lanternes en papier et le vent portait des chuchotements indistincts. Juan s’agenouilla devant la tombe d’Estrella. Il déposa son bouquet et ferma les yeux. — Si tu es là, donne-moi un signe, mon amour. Un frisson parcourut l’air. Le vent se leva brusquement, faisant trembler les flammes de bougies. Le bruit de la fête, à l’extérieur, s’estompa, comme si le monde entier retenait son souffle. Une voix chuchota : — Tu es venu… Juan se figea. C’était sa voix. La voix d’Estrella. Il releva la tête et son ...
... cœur manqua un battement, avant de repartir. Des larmes embuèrent ses yeux. Estrella se tenait devant lui, le corps baigné d’une lueur douce, irréelle. Elle portait une robe noire brodée d’or, aussi élégante que celle de catrinas qui défilaient en ville. Son visage était maquillé en cavalera, mais malgré la peinture, il n’y avait aucun doute, c’était bien elle. Ses yeux brillaient d’une lueur étrange, profonde, comme s’ils étaient le reflet de mondes inconnus. — Estrella, murmura-t-il. Il fit un pas vers elle, incertain. Une partie de lui voulait croire à un rêve, une illusion née de son désir. Mais elle était là, tangible, bien plus réelle que les souvenirs qui le hantaient. — Est-ce vraiment toi ? Elle lui sourit doucement. — Je ne suis jamais partie, j’étais là. Sa voix était la même, douce et chantante, mais il y avait quelque chose de plus profond. Une résonance qui appartenait à un autre monde. Juan leva la main tremblante, et hésitant, toucha son bras. Il s’attendait à rencontrer du vide, mais la peau était tiède sous ses doigts. Réelle, vivante. Un rire s’échappa des lèvres d’Estrella, un rire cristallin, empli d’une joie mystérieuse. Le même rire… qu’avant… — Tu as toujours été si sceptique, Juan, terre-à-terre. Et pourtant, cette nuit, tout est possible. Il sentit son cœur s’emballer. — Comment ? Elle posa un doigt sur ses lèvres pour le faire taire. — Danse avec moi. Sans attendre sa réponse, elle l’attira à elle. La ...