1. Deux en moins et deux en plus


    Datte: 21/04/2026, Catégories: #historique, #personnages, ffh, Auteur: Patrik, Source: Revebebe

    ... contre-fiche de l’avis des autres, du moment que nous soyons bien tous les trois. N’est-ce point le cas ?
    
    Là, je suis sincère, c’est vraiment ce que je pense. C’est Muguette qui répond :
    
    — Oui, nous sommes bien ensemble, mais de là à songer au mariage… Peu de gens l’accepteraient !
    — Mésalliance ou pas, je vous ai trouvées, mes jolies, et je vous garde précieusement. Je ne peux pas vous épouser toutes les deux, mais le cœur y est. À ce propos, sachez que j’ai modifié mon testament, je ne tiens pas à ce que vous soyez lésées quand j’irai rejoindre notre Créateur.
    
    Me fixant avec des grands yeux ronds, mes deux maîtresses sont ébahies.
    
    — Arrêtez de me regarder avec des yeux de hibou ! Et venez me faire un câlin !
    
    Chose aussitôt faite.
    
    Gaétan de Boisdauchy est devenu un bon ami à moi. Au départ, je n’avais pas une haute opinion de cet invétéré coureur de jupons, mais si on outrepasse cette inclination de sa part, l’homme se révèle être de bonne compagnie. Il est en train de me questionner sur Madame de Manstrevent. Je lui réponds sans détour :
    
    — Oui, cette Dame est fort attractive, mais elle est mariée. Son époux est de même force que moi dans le maniement des armes, car duel il y aura si je me frotte trop à sa femme, et le résultat risque d’être incertain. Je n’ai pas risqué ma vie sur les champs de bataille pour venir mourir en terre de France pour une peccadille à deux pas de notre Roi !
    — Une peccadille ?
    — Comment qualifier la chose autrement ...
    ... ?
    
    Assez étonné, il insiste :
    
    — Vous n’avez pas une inclination pour la Dame ?
    — Elle est attirante, soit. Mais trop d’obstacles existent. De plus, pourrait-elle remplacer mes deux Damoiselles ?
    — Oui, je comprends… Puis-je me permettre une question indiscrète, Escaurœult ?
    — Je parie savoir laquelle : oui, je dors très souvent avec mes deux Damoiselles en même temps.
    
    Il affiche un grand sourire lumineux, celui qui fait sans doute chavirer bien des Dames :
    
    — C’est bien deviné de votre part. Et pas de jalousie entre elles ?
    — Elles savent très bien que ce ne serait pas dans leur intérêt. De plus, elles s’entendent très bien toutes les deux. Elles étaient déjà grandes amies quand mon chemin a croisé le leur.
    
    Une grosse lueur grivoise dans l’œil, Boisdauchy s’amuse :
    
    — Vous auriez pu rencontrer trois servantes !
    — C’est vrai, mais deux, c’est très bien : une à droite, une à gauche. Où aurais-je pu mettre la troisième dans mon lit ? Au-dessus ?
    
    Égrillard, il s’esclaffe joyeusement :
    
    — Ou en dessous ! Au pire, vous auriez faire une rotation…
    — Le destin a fait que j’ai deux maîtresses qui s’entendent bien. Je ne vais pas chercher à bouleverser cet équilibre si rare.
    — Je vous comprends, et je vous envie, Escaurœult !
    
    Je m’étonne franchement :
    
    — Vous m’enviez, vous, l’homme que bien des Dames s’arrachent ?
    — C’est éphémère, tandis que vous, c’est plus durable.
    — Hoho ! Vous mûrissez, mon cher Boisdauchy !
    — Je ne suis plus un jouvenceau depuis ...
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