1. Deux en moins et deux en plus


    Datte: 21/04/2026, Catégories: #historique, #personnages, ffh, Auteur: Patrik, Source: Revebebe

    ... ?
    — Vous êtes tout pardonné, si vous continuez à m’appeler par mon prénom, vous aussi.
    
    Louis se redresse aussitôt, enlaçant sa moitié. Les deux époux s’embrassent fougueusement. Tout est bien qui finit bien.
    
    Quant à moi, une main sur la taille de chacune de mes Damoiselles de compagnie, je regagne l’air libre, avec l’arrière-pensée salace de profiter illico de mes deux femmes enfin retrouvées, même si leur absence n’a duré que quelques heures !
    
    Bien sûr, je n’ai soufflé mot à personne de cette mésaventure, idem pour Louison et Muguette. Le couple Manstrevent est même parti le lendemain faire un nouveau voyage de noces. Tant mieux pour eux. Juste un petit défaut de paroles entre eux deux. J’ai retenu la leçon.
    
    Puis la vie a repris son cours normal.
    
    Quelques semaines se sont écoulées, durant lesquelles je ne refrène plus aucun élan envers mes deux maîtresses qui sont assez ravies de me voir dans de si bonnes dispositions. Un midi, Muguette me fait remarquer :
    
    — Je vous trouve décidément très… assidu, Gaubert… Que vont dire les gens de la Cour ?
    — Au diable les convenances ! J’ai failli vous perdre, je vous ai retrouvées saines et sauves, c’est tout ce qui importe !
    
    La brune sourit, la blonde se met à rire :
    
    — Saines et sauves, c’est vite dit ! Vous êtes parfois trop fougueux !!
    
    Pas besoin de vous faire un dessin sur le fait qu’après le repas, j’ai expliqué à ma façon tout le bien que je pensais de mes deux Damoiselles de compagnie. Alors ...
    ... qu’auparavant, j’étais à nouveau un jeune homme avec elles, maintenant, je suis devenu deux jeunes hommes en même temps ! Voire trois !
    
    Néanmoins, il arrive un moment où il convient de dire « pouce ».
    
    Mais pas pour la bagatelle. Vivre à la Cour est assurément une marque de grand prestige, c’est incontestable, mais quel monde différent et étrange, quand, comme moi, on a passé une grande partie de sa vie dans les batailles, parfois dans la boue, à la rude, à contempler la nuit les étoiles, le nez pointé vers le ciel.
    
    Après cette longue période guerrière, j’ai découvert la douceur d’avoir deux femmes rien que pour moi, et je ne tiens pas à ce que ça ne soit qu’une courte période éphémère dans ma vie, même si c’est incontestablement intense à vivre quotidiennement. Et peu importe si ça raccourcit mon espérance de vie !
    
    Tandis que Muguette se questionne sur la situation étrange de cette fin de matinée, Louison me demande franchement :
    
    — Que se passe-t-il ? Pourquoi tous ces hommes avec vous ?
    — Ces hommes vont nous aider à changer de lieu, mes jolies.
    — La Cour déménage une fois de plus ?
    — Non, c’est nous qui déménageons.
    
    Elle s’étonne :
    
    — Nous ? Comment ça ?
    — Oui, nous trois : Louison, Muguette et Gaubert. Je me retire quelques mois sur mes terres, et vous venez toutes les deux avec moi. À moins que vous n’ayez d’autres projets en tête.
    
    Devançant la brune, Muguette prend la parole :
    
    — Vous voulez dire que vous nous embarquez avec vous ? Chez vous ?
    — Oui, ...