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Hommes, Fommes et Femmes – 2
Datte: 29/03/2026, Catégories: #exercice, #société, #dystopie, Auteur: Patrik, Source: Revebebe
... fauteuil, je lui demande : — Tu comptes faire quoi ? Me tuer ? Me laisser vivre ? — Si ça ne tenait qu’à moi, je te laisserais vivre, Horatio. — Dans ce cas, fais ainsi. — Mais si je te tue, je libère le monde. Je me mets à rire nerveusement : — Tu es amusante, Mélanie ! Si les gens savent de quoi il en retourne vraiment, comme je te l’ai déjà dit, ce sera une tuerie, un massacre généralisé, et tu en seras à l’origine. Si toutefois le Parti Unique te laisse faire, ce dont je doute fortement. — Tu crois que ta solution est meilleure ? — L’actuelle solution fonctionne. Moi, je l’optimise pour que tout le monde soit heureux. Agitant son arme, elle proteste : — Des lobotomisés, oui ! Pas des gens heureux ! — Je préfère des lobotomisés heureux de vivre que des personnes trop conscientes de la triste réalité, avec des idées morbides. — Les gens ont le droit de savoir ! — Toi, quand tu as su, qu’as-tu ressenti, Mélanie ? Elle grimace : — J’ai… j’ai eu du mal à encaisser… j’étais dégoûtée, presque anéantie… — Pourtant tu as un bon équilibre mental, n’est-ce pas ? Supérieur à la moyenne. Elle me regarde étrangement : — Tu veux dire par là que la plupart des personnes risquent de mal réagir en sachant la vérité ? — Quand tu as un esprit faible, ou bien tu sombres dans la déprime, ou bien tu te révoltes en cassant tout, ou bien tu deviens fou. — Il y aura quand même des gens qui surmonteront le problème. Toujours assis, je me contente de sourire ...
... cyniquement : — Comme toi qui te propose de me tuer ? — Toi, c’est pas la même chose, t’es mouillé jusqu’au cou dans cette histoire ! — C’est exact, mais moi, je tente d’améliorer les choses. Maintenant, imagine combien de personnes sombreront s’ils savent. Si tu es prête à assumer des suicides et des meurtres en cascade… — T’exagères ! — Je n’exagère pas, et tu le sais très bien, Mélanie. Je sais qu’elle le sait, et elle sait que je sais qu’elle le sait. Elle me regarde fixement : — En admettant que je ne tire pas, qu’est-ce que je deviens ? — On continue comme avant. — Qui me dit que tu ne vas pas me droguer à mon insu, ou carrément m’assassiner pendant que je dors ? — Qui me dit que tu ne vas pas tenter de me trucider pendant que, moi, je dors ? Elle affiche un sourire crispé : — Un partout, à ce que je comprends. — Peut-être même que le PU est déjà au courant. Peut-être qu’il y a des caméras cachées ici dans cette pièce. Regardant dans tous les sens, elle s’affole : — Tu veux rire ? — C’est une éventualité. — Dans ce cas, pourquoi tu m’as tout raconté ? — Je n’ai rien dit d’autre que le PU ne sache déjà. Elle s’exclame : — Parce que tous les membres du PU savent ? — Que ceux qui sont tout là-haut. Et encore… je ne suis pas certain que tous savent. Nerveuse, elle continue d’examiner les murs et le plafond autour d’elle. Toujours assis dans mon fauteuil, j’énumère : — Je récapitule : si tu me tues et que la vérité éclate, ce sera ...