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Je serai ta reine
Datte: 24/03/2026, Catégories: BDSM / Fétichisme Auteur: Alexandre75, Source: Hds
... au gré des échecs. Non, avec lui cela avait été immédiatement différent. Il avait même pris le risque d'une formule qui l'avait marquée au fer rouge : « Je veux que tu sois ma chienne, je veux que tu sois ma reine. » Clara sortit de la bouche de métro, retira ses écouteurs et les rangea dans leur étui blanc. Dans le métro, quand elle n'écoutait pas de musique, elle aimait activer la réduction du son afin de s'isoler dans une bulle de silence qui lui permettait de se plonger dans ses pensées. Elle était alors sensible aux visages et aux attitudes, s'imaginant les vies qui se dissimulaient derrière les masques que nous nous choisissons. Cependant, il était déjà 18h17 et elle avait besoin de l'incandescence parisienne, de son bruit et de ses voix mêlées, de ses dernières lueurs de jour avant de s'abandonner à l'obscurité. Elle avait besoin de respirer, de se sentir vivante. Oui, elle se sentait reine, sa beauté insolente l'y aidait c'est certain. Mais à cet instant précis, plus que toute autre chose, elle avait envie d'être une chienne. Elle avait envie d'être sa chienne. Elle consulta son téléphone et y trouva le message qu'elle avait attendu depuis trois semaines. Cinq caractères seulement. [68…] Cette fois les trois petits points n'étaient pas animés. Ils étaient aussi fixes que péremptoires, menaçants. Elle marcha rapidement vers l'hôtel éblouie par le jeu des lumières de la ville à la tombée de la nuit. Elle n'avait pas l'habitude de traverser les lobbies en ...
... saluant de manière assurée les réceptionniste, mais dans un souffle de bravoure, elle se dirigea vers les ascenseurs. Après avoir appuyé sur le bouton du sixième étage et attendu que les portes se referment, elle pris une grande inspiration et ferma les yeux. Ding. Ses pas s'enfonçaient dans la moquette épaisse et feutrée du couloir qui lui renvoyait la charge des battements chaotiques de son coeur. Chaque pas qui la rapprochait de la chambre numéro 68 attisait en elle un désir qui, elle le savait et le réclamait, lui arracherait jusqu'à la dernière once de raison dans quelques instants. Elle était saisie par une chaleur vertigineuse que nourrissait ce sentiment honteux de défier la morale. Une petite plaque de métal sur laquelle était gravée le numéro 68. Le temps s'arrêta. Les battements de son cœur et sa respiration également cédant toute la place à l'appréhension. Puis, d'un geste tremblant et saccadé elle frappa trois fois sur la porte. Deux coups rapides suivi d'un dernier. C'était le code. Le signal que le jeu reprenait et que plus rien d'autre n'existait. Lorsque la porte s'entrouvit de quelques centimètres, ce fut pour ne laisser percer qu'un voile d'obscurité. Elle la poussa lentement et pénétra dans la chambre sans un mot. Elle ne voulait pas rompre le silence avant d'avoir croisé le regard d'Alexandre. Son corps se raidit sous l'effet du stress lorsqu'elle claquait délicatement la porte derrière elle. En face, on pouvait apercevoir le bout du lit ainsi ...