1. L'étude


    Datte: 24/03/2026, Catégories: Humour #pastiche, #société, #nonérotique, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe

    Il était une fois, dans un centre commercial, un cabinet d’études, coincé entre un fast-food et une salle de sport (le destin a le sens du contraste). Ce cabinet employait une équipe de scientifiques spécialisés dans les statistiques inutiles et néanmoins vitales, qu’elle monnayait aux médias, avides de ces études dont on nous abreuve quotidiennement.
    
    Leur dernière trouvaille ?
    
    Les hommes pensent au sexe 18 fois par jour, contre 10 fois pour les femmes1.
    
    Un résultat précis, une affirmation percutante, qui bien entendu allait provoquer une réaction en chaîne immédiate.
    
    Les médias s’emballèrent. Les experts en neurosciences et autres spécialistes en tous genres se disputaient sur les plateaux télé.
    
    — Voyez-vous, c’est biologique. Les hommes ont évolué pour disséminer leur ADN le plus souvent possible, lança un sociologue en costard lors d’un débat.
    — Absolument pas, c’est une construction sociale ! On a conditionné les femmes à réprimer leurs pensées érotiques. C’est le patriarcat le responsable, répliqua une féministe plutôt agressive.
    
    Quelques humoristes en faisaient des sketches. Les couples s’envoyaient des SMS :
    
    — Peux-tu m’expliquer ça ?
    
    Pendant ce temps, sur Twitter (ou X selon votre degré de nostalgie), c’était la panique :
    
    — Mon mec dit toujours qu’il pense à rien, c’est un mensonge ?
    — Seulement 18 ? Perso, j’en suis déjà à 25 et j’ai à peine terminé mon petit-déj.
    — Qui sont ces femmes qui ne pensent à ça que 10 fois. Moi, c’est ...
    ... beaucoup plus, et encore, je ne compte pas quand je dors.
    — Je n’y pense que 5 fois, suis-je normale ?
    — C’est qui ces gens qui n’y pensent que 10 fois ? Des moines tibétains ?
    
    Même les philosophes s’en mêlèrent.
    
    — C’est fascinant. Cela signifie que le désir est omniprésent dans la psyché humaine.
    — Vous dites n’importe quoi, expliquez-moi pourquoi ça baisse à 10 chez les femmes alors ? Jusqu’à preuve du contraire, elles sont humaines aussi !
    — Peut-être une question de biologie ? D’hormones ? D’éducation ? De biais de déclaration ?
    — Attendez… de quoi ?
    
    Mais dans l’ombre, une vérité troublante s’imposait !
    
    Et c’est là que les vrais chercheurs commencèrent à se poser des vraies questions.
    
    Au cœur d’un vrai laboratoire de recherches, cette fois, le Professeur Donatien Van de Velde et sa jeune collègue, la Docteure Chloé Aleksandrovna œuvraient.
    
    Le professeur Van de Velde était un homme de science, cartésien, méthodique et légèrement désabusé par le monde qui l’entourait. Après vingt années à observer l’absurdité des études en psychologie sociale et à tenter de donner un sens à l’existence à travers des statistiques douteuses, il croyait avoir tout vu.
    
    Jusqu’au jour où Chloé entra dans son laboratoire.
    
    Chloé était son assistante de recherches. Enfin, assistante était un mot bien faible. Elle avait un esprit brillant, mais était aussi dotée d’une plastique plus qu’agréable2. Leurs études et expériences communes avaient permis au laboratoire d’obtenir un ...
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