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Le livre de Thibault Ep. 0102 Le garçon au sac à dos.
Datte: 19/03/2026, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds
... boîte en carton. — Tu vas la voir, tu lui fais un sourire, et tu la remets dans ton pieu ! — Tire-toi ! — Baise un bon coup et tu joueras mieux demain ! avait conclu ton pote, taquin, en démarrant la 205 rouge. — Tu fais gaffe à ce petit con ! tu avais lancé à Nico, comme une bouteille à la mer. Au fond de toi, un mélange de contrariété, d’envie, d’inquiétude, de doute, de crainte, de soupçon. Un sentiment indéfinissable, mais tellement lourd à porter. Juste avant de quitter le parking, ton pote avait mis un petit coup de klaxon en guise d’au revoir. Tu avais levé la main et dégainé un sourire. Un sourire qui t’avait énormément coûté, parce qu’au fond de toi, tu n’avais vraiment pas envie de sourire. Mais tu ne voulais rien laisser transparaitre. Tu ne voulais pas que ton pote comprenne que tu te doutais de ce qui se passait avec ce Nico et surtout pas à quel point cela t’affectait, et encore moins pourquoi. Tu n’avais pas envie d’avoir à affronter des discussions désagréables autant pour lui que pour toi. Car tu savais qu’il y avait des chances qu’il n’aimerait pas les questions que tu avais envie de lui poser. Tout comme il était fort probable que tu n’aimerais pas les réponses qu’il pourrait te donner, si tant est qu’il ait eu envie de te les donner. En fait, tu redoutais surtout sa réaction. Tu ne voulais surtout pas de malaise entre vous. Et tu ne voulais pas qu’il se doute combien de le voir partir avec Nico te faisait mal, plus encore que de le ...
... voir partir avec une nana. Tu ne voulais pas qu’il comprenne que les regarder partir tous les deux dans cette 205 rouge, voir Nico prendre cette place de passager qui a souvent été la tienne, ça te remuait de fond en comble. Tu t’étais demandé comment ils allaient terminer cette soirée. Car tu savais qu’ils allaient la terminer ensemble, dans l’appart de la rue de Colombette où tu avais si souvent été invité, dans le lit de ton pote dans lequel tu avais parfois dormi. Tu avais regardé la voiture sortir du parking, et s’éloigner vers la Rocade. Tu l’avais suivie du regard jusqu’à ce qu’elle sorte de ton champ de vision. Et tu avais ressenti une immense frustration au fond de toi. Tu avais mal. Après que la 205 rouge eut disparu dans la nuit, tu avais marché pendant un petit moment dans le parking. Tu t’étais senti seul. Tu n’avais pas envie de retourner dans la boîte, tu avais besoin de silence et de calme. Mais tu avais des potes à ramener, et tu avais fini par y revenir. Tu avais recroisé Nathalie. Ton pote avait raison, cette nuit, elle cherchait à nouveau ta compagnie. Pendant un instant, tu t’étais dit que tu pourrais lui parler, te confier à elle. Lui confier ce que tu n’as encore jamais eu le courage de confier à qui que ce soit. Cette nuit, tu avais besoin de parler de ce que tu avais sur le cœur. Et tu t’étais dit qu’elle pourrait comprendre. Que tu pourrais avec elle trouver cette écoute que tu n’avais encore trouvée nulle part et dont tu avais de ...