1. Le livre de Thibault Ep. 0102 Le garçon au sac à dos.


    Datte: 19/03/2026, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... Jéjé, mais par Nico, c'est par quelqu’un que tu sais proche de la « source », et en qui tu peux faire confiance.
    
    Il est si loin le temps où Jérém enfant t’avait dit « Tu es important pour moi ». En grandissant, les garçons se font souvent plus réservés sur leurs sentiments et leurs ressentis. C’était le cas pour ton pote.
    
    Alors, les mots de Nico t’ont fait un bien fou. Tu en avais vraiment besoin. Car tu sens qu’au fur et à mesure que la relation entre Jéjé et Nico avance, la complicité avec ton pote t’échappe peu à peu.
    
    Si tu as envie de te rapprocher de Nico, ce n’est pas pour essayer d’obtenir les confidences que tu n’as pas eues de ton pote. C’est plutôt pour garder un œil bienveillant sur ce dernier, à travers Nico, justement.
    
    C’est très dur pour toi de te sentir tenu à l’écart de la vie de ton pote. Et c’est encore plus dur de sentir les non-dits, de plus en plus nombreux, de plus en plus encombrants, bâtir un mur invisible entre vous deux.
    
    Et à ces « non-dits », ainsi qu’à leurs conséquences néfastes, tu as justement l’impression de t’y être cogné de plein fouet pendant le match de la veille.
    
    Dans cette chronique d’une défaite, une image te hante plus que toute autre. Un regard, le regard de ton Jéjé à bout de forces, perdu, un regard dans lequel tu as su lire le désespoir de ton pote, l’humiliation cuisante de son incapacité à assurer le match. Un regard que tu n’arrives pas à oublier. Car c’est celui d’un mec, ton meilleur pote, défait par la ...
    ... honte de ne pas y arriver. Et par la peur de le décevoir, toi, l’ami de toujours.
    
    Le regard de Jéjé pendant le match t’a vraiment marqué et attristé. Car jamais encore tu n’avais vu cette panique dans ses yeux.
    
    Bien sûr, tu l’avais déjà vu déçu, énervé, secoué. Mais jamais à ce point dépité. Et surtout, depuis toujours, lorsqu’un match se passait mal, vous en auriez parlé, sans faute. Autour d’une bière ou d’un joint, pendant la troisième mi-temps, ton Jéjé aurait fini par te confier ce qui le tracassait. Et toi, Thibault, tu aurais joué ton rôle de grand frère, tu serais parvenu à l’apaiser, à le rassurer.
    
    Mais pas cette fois-ci. Déjà il n’y avait pas eu de troisième mi-temps, car ton pote était parti aux urgences à Purpan avant la fin du match. Tu étais parti le rejoindre juste après la fin de la deuxième période. Lorsque tu avais débarqué à l’hôpital, Jéjé était encore en salle d’attente. Et il s’était écoulé un long moment avant qu’un médecin vienne le prendre en charge.
    
    Ton pote était tendu, défait. Tu avais tout tenté pour essayer de le détendre, de le déculpabiliser, de relativiser, de le rassurer, notamment en appuyant sur le fait que le médecin de l’équipe était optimiste quant à sa blessure, qu’il ne l’avait envoyé aux Urgences que par pure formalité, et que malgré tout le match avait été sauvé.
    
    Mais rien ne semblait pouvoir remonter le moral de ton pote. Et cela t’inquiétait. Car tu avais toujours su comment lui remonter le moral. Tu as depuis très ...