1. Le livre de Thibault Ep. 0102 Le garçon au sac à dos.


    Datte: 19/03/2026, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... un certain équilibre. Cet équilibre dont il a besoin pour ne pas être tenté de faire des bêtises. Tu t’inquiètes tout le temps pour ton pote. Parce que tu sais qu’en dépit de ses airs de petit dur qu’il se donne, au fond de lui, il est fragile.
    
    Ça fait près d’une semaine que tu ne l’as pas vu. Tu devines que s’il est revenu te voir, c’est qu’il se passe quelque chose avec son Jérém et qu’il a besoin de tes conseils. Tu es content qu’il vienne te voir.
    
    — Salut, toi ! tu lui lances après avoir traversé la rue.
    
    Mais il y a autre chose qui te rend les rencontres avec Nico bien plaisantes. C’est le regard qu’il pose sur toi.
    
    C’est un regard qui s’attarde sur toi, sur ton corps, un regard qui cherche ton regard. C’est un regard de garçon qui aime les garçons. Tu sais que tu lui plais. Et ça te fait plaisir, ça te flatte. Tu sais comment c’est bon de regarder un garçon. Et dans son regard tu lis ce plaisir, le plaisir qu’il a à te regarder.
    
    Tu sais que tu plais aux nanas, et tu sais que tu plais aux garçons aussi. Ce n’est pas la première fois que tu ressens sur toi le regard d’un garçon. C’est arrivé parfois en boîte de nuit, parfois dans la rue.
    
    Tu avais donc invité Nico à prendre un verre en terrasse d’un bistrot, et il t’avait demandé si tu avais des nouvelles de Jé, si tu lui avais parlé dernièrement.
    
    — Oui, lundi en début d’après-midi. Il était super content d’avoir le bac. Je crois qu’il n’y croyait pas vraiment !
    
    — C’est un peu grâce à toi qu’il l’a ...
    ... eu, tu appuies.
    
    — Oui, un tout petit peu grâce à moi…
    
    Tu sens que Nico a besoin de s’ouvrir à toi, mais il n’ose pas. Il ne sait pas par où commencer, et comment amener les confidences. Tu te charges donc de le mettre à l’aise.
    
    — Ça a été ta soirée au KL samedi dernier ?
    
    Tu sais très bien que ça n’a pas été. Ton connard de pote l’a bien chauffé avant de partir avec une nana sous ses yeux. Nico doit remuer la scène sans cesse depuis une semaine.
    
    — Ouais, ça a été, il te répond à l’évocation de ce souvenir, l’air tout aussi dégouté que le soir-même.
    
    — Quand je t’ai vu discuter avec Jéjé, j’ai cru que vous rentreriez ensemble.
    
    — Moi aussi… mais il avait mieux à faire, il lâche, le regard ailleurs.
    
    — Tu parles de cette nana ?
    
    — Oui.
    
    — Cette nana ce n’est rien pour lui, juste un coup. Une façon pour maintenir sa réputation.
    
    Soudain, Nico semble gêné par cette conversation. Son regard est de plus en plus fuyant.
    
    — Nico, tu n’as pas à être gêné avec moi. Tu, sais, je peux tout entendre, je ne juge personne, tu lui glisses doucement, tout en saisissant ses mains.
    
    Il a l’air de bien aimer ce contact. Son regard cherche enfin le tien. Nico a de beaux yeux noisette, un regard clair, on y lit chacune de ses émotions.
    
    — Je comprends ce que tu as pu ressentir, tu lui glisses.
    
    Oui, tu le comprends. Parce que tu as ressenti la même sensation d’abandon, de solitude, de manque, de frustration depuis des années, à chaque fois que tu l’as vu partir ...
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