1. Le Cheval du Diable


    Datte: 09/03/2026, Catégories: #confession, #personnages, fh, inconnu, bizarre, vengeance, cérébral, Oral jeu, Auteur: Rosenrot, Source: Revebebe

    Ma vue est bien trouble. J’ai du mal à saisir la bouteille de whisky déjà bien entamée. C’est un petit miracle que je n’en mette pas plus à côté du verre que dedans. Il n’y a pas beaucoup de lumière dans ce bar et ce soir, dans cette nuit noire, je joue les piliers de comptoir. Impossible pour moi de dire quelle musique est en fond ni de déchiffrer les conversations des clients déjà présents. Je n’entends presque plus rien à part un brouhaha indéchiffrable qui sonne comme un écho loin de moi. Je suis seul au milieu de la foule, dans un état second, bercé par l’ivresse. Ma tête tourne, j’ai l’impression de planer. Mais ce n’est pas suffisant. Pas assez en tout cas pour le mal qui m’habite et me ronge.
    
    Je ne suis pas un habitué de ces lieux et encore moins de la bouteille. J’ai toujours été d’accord avec ce que dit l’autre dans sa chanson :« Quand ça devient une fierté d’te mettre des grandes doses, c’est qu’tu t’attaches à pas grand-chose ». Mon corps n’est pas familier à ces tourments, je suis une cible facile pour les vices sur le corps et l’esprit de l’éthanol. Et justement, je compte bien là-dessus ce soir. Je cherche désespérément le meilleur remède contre les souffrances, non pas du corps, mais de la conscience et de l’âme. Celles qui ne se voient pas, que l’on ne peut pas toucher pour les apaiser. Les douleurs invisibles qui pourtant nous donnent la même sensation que si on avait un poignard de planté dans le ventre. Et tout ce qui va avec : la torture de l’âme, le ...
    ... châtiment des actes immondes des infâmes comme moi et les pensées noires qui s’incrustent en permanence tel un marteau-piqueur toujours plus profondément dans le crâne.
    
    Comment fait-on pour arrêter de penser, pour oublier ?
    
    — Dure soirée on dirait. Qu’est-ce qui vous tourmente ?
    
    Avachi à moitié sur le comptoir, tenant mon verre à nouveau vide avec mes deux mains, je me redresse pour voir si c’est à moi que cette voix féminine s’adresse. Une fois la tête relevée, les vertiges me font presque tomber en arrière. Je me concentre pour avoir un aperçu de la personne qui est juste à côté de moi. Je ne l’ai ni vue ni sentie arriver. Sans distinguer ses traits à cause de ma vision brouillée, je fais l’effort de lui répondre.
    
    — Tout. Je cherche le calme et la tranquillité.
    — Je ne suis pas certaine que ce soit l’endroit approprié alors.
    
    Quel genre de femme vient aborder un homme seul et saoul, un véritable pochtron dans un bar ? Est-ce que j’aurais dû retirer ma cravate pour paraître moins abordable ? En me concentrant un peu, je parviens à effacer le flou qui voile mes yeux et à capter les contours de celle qui semble en avoir après ma tranquillité. Brune, les yeux bien noirs. Elle doit être un peu plus jeune que moi et avoir un peu moins de la quarantaine. Elle me semble bien faite si vous voyez ce que je veux dire. Enfin, c’est sûrement un des effets de mon enivrement. Il faudrait qu’elle soit au moins aussi désinhibée que moi pour m’aborder de la sorte. Mais il n’en ...
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