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Collection Textes en commun : « Aude se lâche » (12 : Antoine)
Datte: 27/02/2026, Catégories: Dans la zone rouge, Auteur: Olga T, Source: Hds
Avertissement Nous poursuivons, avec Sarah, l’écriture « à deux mains » de cette série. Nous vous conseillons de lire ou relire les onze épisodes précédents, parus depuis le 4 août 2024. *** Nadine était toujours à genoux, le regard baissé, les épaules secouées de spasmes incontrôlables. Elle n’osait plus croiser le regard d’Aude, trop consciente de l’énormité de sa faute, trop honteuse de ce qu’elle avait fait. Encore et encore, elle murmurait des « Pardon », comme une litanie. Elle aurait préféré que son amante la maudisse, l’insulte, plutôt que de subir ce silence glacial, cette absence totale de réaction. Aude ne bougeait pas. Aude n’était pas furieuse contre Nadine. Sa rage, sa haine, sa douleur, tout cela n’avait qu’un seul et unique destinataire : Daniel. Cet homme qui l’avait possédée, détruite, façonnée à son image, ce monstre qui ne cessait jamais d’étendre son ombre sur sa vie. Il l’avait une fois de plus souillée par procuration, en brisant sa Nadine, en profanant ce qu’il y avait de plus pur entre elles, de plus sacré, leur amour entre Nadine et elle. Nadine, elle, n’avait fait que sous-estimer, dès le départ, la menace que représentait Daniel. Ou plutôt, elle avait cru pouvoir le raisonner, le maîtriser, user de son intelligence contre lui. En ultime ressort, acculée, elle avait cru qu’en se sacrifiant, elle mettrait un terme à cette guerre, qu’elle sauverait Aude en payant le prix de sa propre chair. Mais Daniel l’avait prise à son propre ...
... piège, il l’avait utilisée et humiliée, allant jusqu’à enregistrer cette terrible soirée. Nadine, les lèvres tremblantes, le regard toujours baissé, rassembla tout ce qui lui restait de courage. Elle devait tout dire. Jusqu’au moindre détail. Elle ne voulait ni minimiser, ni édulcorer, ni se chercher d’excuses. Elle ne le méritait pas. Nadine n’avait plus aucune considération pour elle-même. - Il m’a tout pris, Aude… souffla-t-elle d’une voix brisée. Tout. Elle raconta tout, sans détour, sans ellipse, chaque humiliation, chaque ordre auquel elle s’était soumise. Elle parla du strip-tease, de la fellation qu’elle lui avait faite, de la façon dont il avait guidé sa tête, de son éjaculation au fond de sa gorge. Elle parla de la levrette, de la brutalité avec laquelle il l’avait prise, des mots obscènes qu’il avait soufflés à son oreille et de la manière dont son corps avait répondu. Elle n’omit rien. Ni le billet de soumission qu’il lui avait fait lire. Ni la liasse d’argent qu’il avait glissée dans son sac, achevant de la réduire à l’état de simple marchandise entre ses mains, la traitant, elle, la fille de notables, la brillante avocate, comme une prostituée. - Je l’ai pris, Aude… avoua-t-elle enfin dans un sanglot. Je l’ai pris sans protester… Je n’étais plus qu’un objet qu’il manipulait… et le pire… Elle ferma les yeux une fraction de seconde, honteuse, puis les rouvrit, croisant enfin le regard d’Aude. En larmes, elle souffla : - … le pire, c’est que j’ai ...