1. Lulibérine et Cie


    Datte: 19/02/2026, Catégories: #réflexion, #psychologie, #société, #rencontre, #couple, #différencedâge, #enseignant, hplusag, inconnu, telnet, cérébral, noculotte, Auteur: Olaf, Source: Revebebe

    ... neuromédiateurs de la récompense, savamment distillés pour entretenir un lucratif marché du plaisir. Mais admettons…, continuez !
    — Cela présuppose que le couple homme-femme soit la combinaison la plus rationnelle, et la plus efficace possible, en termes de survie d’un potentiel bébé. Or, ce couple dont vous vantez les mérites, qui dépasse les trois années de passion pour vivre quelque chose de plus stable, de plus raisonnable, mais aussi fatalement de plus plan-plan, est une création de l’ère industrielle.
    — Ah, alors, si vous remontez jusqu’au 19e siècle, tout devient possible…
    — Effectivement, car ce que vous décrivez, à raison, comme une manipulation moderne des désirs et des frustrations à des fins mercantiles est la conséquence directe d’un dictat culturel de stabilité affective en tant que ciment de la cellule familiale. Mais cela présuppose une liberté d’éprouver des sentiments et des pulsions amoureuses et de les vivre en conséquence. Les hommes et femmes des cavernes, les couples de la jungle amazonienne, ou encore les paysans bretons du siècle passé ne pouvaient profiter d’une telle liberté, au risque de mettre en danger leur microcosme et la survie de leur groupe social.
    — Sauf que nous ne sommes plus au siècle d’avant, et que notre imaginaire et nos vies amoureuses sont égocentrés, et dominés par une profusion d’images, de textes et de signaux hypersexualisés. Vous ne pouvez pas le nier !
    — Avant que le patriarcat industriel impose cette norme, avec ...
    ... l’aide de l’Église et de la Médecine hygiéniste, c’était au sein du village que les enfants grandissaient, pas uniquement au sein d’un couple. Dans ce contexte, l’exclusivité sexuelle, telle que vous l’avez décrite sur une base neurophysiologique, prend une tout autre importance.
    — Vous voulez alors insinuer que, dans un autre contexte, la place des désirs féminins, notamment en matière de multiplication des partenaires sexuels, prendrait aussi une autre importance, complète Emma, que la logique de l’homme commence à convaincre. J’y ai pensé, et je l’avais pris en compte au début de mes recherches. Mais…
    — Mais il aurait fallu parler du matriarcat, des filiations matrilinéaires, de la mort précoce des hommes au travail ou au combat, et des femmes en couches. Bref, duprincipe du bourdon selon lequel d’autres sociétés humaines vivent avec apparemment plus de succès et moins de frustrations que la nôtre.
    — Principe du bourdon selon lequel… ?
    — En l’absence d’interdit moral ou religieux, il est accepté que l’homme distribue sa semence aux femmes qui la veulent. Et que, de son côté, la femme se laisse féconder par autant de bourdons qu’elle le désire. Notamment, comme vous l’avez bien dit, pour assurer la diversité génétique et immunitaire du groupe, mais aussi simplement pour son plaisir. Puis le mâle disparaît, ou non, suivant les impératifs de Culture. En contrepartie, il ne garde aucune prérogative sur son potentiel génétique et donc sur sa descendance.
    — Alors, l’esprit de ...
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