1. Tout finit toujours par s'arranger


    Datte: 11/02/2026, Catégories: Humour #psychologie, #couplea3, Auteur: benoit vitse, Source: Revebebe

    Nous étions alors à l’université d’Amiens. J’avais une copine depuis les années de lycée ; pour tous les amis, nous formions un couple sage et heureux de l’être. Un soir, Aurélien, un ami étudiant en art, me demande s’il peut venir squatter chez nous pour la nuit. Nous le connaissions bien et nous avions sympathisé depuis plus de deux ans. Il nous avait invités à voir ses travaux. Nous n’étions pas assez versés dans l’art contemporain pour nous rendre compte de son talent, mais, en tout cas, c’était plaisant à voir. Ni Marianne ni moi ne voyions d’inconvénients à ce qu’il reste chez nous ce soir d’autant qu’il était venu avec de quoi nous restaurer jusqu’à plus soif. Il y avait un canapé tout à fait confortable dans le salon. Je lui propose pour finir la soirée de jouer avec nous au Yams. Après deux ou trois parties, Marianne va se coucher ; elle avait cours le lendemain matin assez tôt. Nous continuons à jouer à deux. Au moment où le jeu commence à nous lasser, nous discutons de choses et autres. C’est alors qu’Aurélien me dit :
    
    — Écoute, je vais te dire ce qu’il se passe, mais s’il te plaît, ne te fâche pas. Essaie de nous comprendre. Marianne et moi avons une relation depuis plusieurs mois. Une relation, je ne te le cache pas, assez complexe et délicate. Elle t’aime et cela ne se discute pas.
    — Alors, qu’est-ce que c’est que cette histoire !
    — Ne t’inquiète pas. C’est une affaire entre elle et moi, rien de plus. Pour tout te dire, un jour que j’étais dans le pétrin ; ...
    ... j’avais joué au poker et perdu une belle somme que mes parents m’avaient donnée pour payer mon loyer. J’ai voulu emprunter à des potes, mais ils étaient tous fauchés d’après leurs dires. J’ai appelé mes parents et tout ce qu’ils m’ont dit c’est qu’ils en avaient assez de mes fredaines, qu’ils coupaient tous les ponts avec moi, qu’ils ne voulaient plus entendre parler de mes dettes. Marianne m’a vu et a compris que quelque chose allait mal. J’étais sur le point de me flinguer, disons les choses. Elle m’a offert un pot au rez-de-chaussée de l’hôtel Campanile. Et que dire ?
    — Vous êtes montés dans une chambre. Pas difficile à imaginer. Le chantage au suicide, ça marche toujours avec les filles ?
    — Oui, enfin non… Ce n’est pas ce que je veux dire. Nous avons fait l’amour, moi en pleurant, elle en riant. Fusionnel… C’est comme ça qu’on dit ?
    — Bon d’accord, elle t’a consolé, mais ce n’est pas avec ça que tu as payé ton proprio ?
    — Non, et c’est pourquoi je squatte un jour chez l’un, un jour chez l’autre, en attendant de récupérer l’argent pour le loyer.
    — C’est pour me narguer que tu es venu ce soir ?
    — Non, pas du tout. Marianne n’osait pas te dire…
    — Alors, tu t’es dévoué !
    — Je voulais que tu saches, c’est tout.
    — C’est tout ?
    — En fait, chaque fois que j’ai eu la tentation de rejouer, j’ai appelé Marianne… Elle m’a sauvé la vie, tu comprends…
    — En fait, chaque fois que tu as eu l’intention de coucher avec elle, tu as simplement prétendu que tu allais faire un poker ...
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