1. La dernière touche_1


    Datte: 06/02/2026, Catégories: #drame, fh, amour, jalousie, dispute, Auteur: Briard, Source: Revebebe

    ... ce concours par caprice.
    — Mais non, ce n’est pas…
    — Elle ne m’a jamais écouté. Tu te rends compte ? C’est comme si je lui disais qu’elle n’avait aucune chance d’égaler La Callas dans Carmen. Elle me fusillerait sur place.
    — Mais non, ce n’est pas…
    — Elle n’a jamais daigné venir, ne serait-ce qu’une seule fois, m’écouter. Qu’est-ce qu’elle sait de mon jeu ? Qu’est-ce qu’elle sait de ce que je peux donner au piano ?
    — Je sais bien…
    — Rien. Tu m’entends ? Rien. Elle ne sait rien et elle se permet de juger.
    — Mais non, ce n’est pas…
    — Je la hais, tu entends ? Je la hais.
    
    La jeune fille s’assit sur une chaise et prit l’air renfrognée qu’il connaissait bien lorsqu’elle était profondément contrariée. Avec un léger sourire, il vint vers elle et posa ses mains sur ses épaules, la regardant amoureusement.
    
    — Moi, je sais de quoi tu es capable, et c’est bien ça l’essentiel. Moi je sais ce que vaut ton jeu, et c’est ça le plus important. Laisse ma mère faire ses crises de diva.
    
    Arina se redressa, le regard plein de défi.
    
    — Elle va voir ta mère de quoi je suis capable. Ça je te le promets.
    
    Une semaine plus tard, elle recevait sa convocation. Il lui restait tout juste une semaine pour parachever sa préparation.
    
    Elle travailla jusqu’à la veille où Frédéric lui interdit de toucher le piano. Il l’emmena dans un restaurant indien où ils se régalèrent de poulet au curry tout en se dévorant des yeux.
    
    Elle resta sobre et prit une tisane en rentrant avant de se ...
    ... coucher.
    
    Le lendemain, elle se réveilla à sept heures trente avec dans l’air une bonne odeur de croissants chauds.
    
    Frédéric lui servit le petit déjeuner au lit et la regarda engloutir deux viennoiseries.
    
    Elle se doucha rapidement, se vêtit simplement et le rejoignit dans l’entrée. Ils quittèrent l’appartement et prirent un taxi pour Maison Laffitte et la salle Malesherbes.
    
    Ils furent accueillis par un portier en queue de pie qui leur indiqua les vestiaires. Elle se changea rapidement, enfilant sa robe de soirée fuchsia. Lorsqu’elle ressortit, elle rejoignit Frédéric qui l’attendait dans la salle d’attente.
    
    Il se leva à son arrivée et l’admira, les yeux pleins d’amour. Elle s’assit à côté de lui et il lui prit les mains pour les réchauffer.
    
    — Tu as un quart d’heure.
    — Déjà ? Mon dieu, je tremble de partout.
    — Calme-toi. Regarde-moi…
    
    Elle leva les yeux vers lui. Il lui sourit, redressa sa mèche rebelle.
    
    — Voilà, tout va bien. Tu es fin prête. Tu connais tes quatre mouvements.
    — Mais je pensais avoir plus de temps pour me préparer mentalement.
    — Mon amour, tu as eu six mois pour te préparer et, crois-moi, tu es fin prête. Fais confiance à ton jeu, il ne te trahira pas.
    
    Il lui caressa la joue tendrement.
    
    — Si tu savais comme je suis fier de toi.
    
    Il l’embrassa sur le front.
    
    — Maintenant ferme les yeux et fais le vide. Pense à ton clavier, à tes mains, à ton jeu. Tout va aller très bien. J’ai confiance en toi.
    
    Un huissier entra dans la pièce et ...
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