1. La dernière touche_1


    Datte: 06/02/2026, Catégories: #drame, fh, amour, jalousie, dispute, Auteur: Briard, Source: Revebebe

    ... sur sa joue sans qu’il ne s’en aperçoive et c’est tout ému qu’il se levât et vint la rejoindre une fois le morceau achevé. Elle se tourna vers lui, l’œil de nouveau interrogateur. Il lui prit les deux mains et les serra contre sa poitrine.
    
    — Alors, ça t’a plu ?
    — Arina, c’est…
    
    Il déglutit difficilement.
    
    — C’est juste…
    
    Elle fléchit les genoux et se redressa vivement.
    
    — C’est quoi ?
    — C’est merveilleux ! Tu m’as envouté avec ton toucher, avec sa légèreté. Tu as sublimé cette œuvre. C’était vraiment excellent.
    
    Elle lui offrit son plus beau sourire.
    
    — Merci maître, vous me voyez très flattée.
    — Non, ne plaisante pas. Je sais que je ne suis pas toujours objectif et que de temps en temps, je tempère mes remarques pour t’épargner et ne pas te décourager. Mais cela faisait quelque temps que je ne t’avais pas écouté. C’est prodigieux, tu m’as fait chavirer, ton jeu m’a pénétré jusqu’au cœur. Je ne savais plus si je devais pleurer ou rire, tu m’as subjugué Arina.
    
    Elle se pencha et lui fit un léger baiser sur les lèvres.
    
    — T’avoir ému est ma plus belle récompense.
    
    Elle poussa un soupir puis tapa dans ses mains.
    
    — Bon, allez, je m’attaque à La Campanella. Il me reste assez de temps je l’espère, et il n’y a pas une minute à perdre.
    
    Elle le laissa là et s’enfuit dans sa chambre.
    
    A partir du lendemain, et plusieurs fois par jour, l’air s’emplissait des mouvements rapides et enjoués de l’œuvre de Listz.
    
    Les cinq minutes du mouvement s’étiraient ...
    ... parfois sur de longs moments à faire et refaire un passage exigeant une grande dextérité. Avec patience, Arina recommençait inlassablement jusqu’à ce que le résultat la satisfasse. Les trémolos qu’elle exécutait prenaient une telle vitesse que tout semblait s’arrêter dans l’appartement jusqu’à ce que le silence se fit. La jeune fille finissait parfois ses journées complètement épuisée tant la gymnastique mentale et physique était éprouvante.
    
    On l’entendait râler après elle-même de temps en temps, lorsque son jeu n’était pas assez délié ou qu’elle sautait une note.
    
    Une fois même, elle referma prestement le couvercle du clavier et sortit prendre l’air quelques instants sur le balcon. Frédéric l’assista autant qu’il le put et que son emploi du temps le lui permit, mais il se rendit vite compte qu’elle n’avait pas vraiment besoin de ses conseils.
    
    Et, effectivement, six semaines plus tard, alors qu’il rentrait un soir après avoir fait quelques courses qu’elle lui avait dictées, il la trouva dans le hall de l’appartement, trépignant sur place.
    
    — Viens.
    
    Elle lui prit la main et l’entraîna jusqu’au canapé.
    
    — Attends, il faut que je range les courses.
    — Ça attendra. Assieds-toi et écoute.
    
    Elle alla au piano et se retourna.
    
    — Sois sincère, c’est tout ce que je te demande.
    
    Elle s’assit, fit craquer ses doigts puis les mit au-dessus du clavier. Elle attendit quelques secondes, les yeux clos. Elle respira profondément, ouvrit les yeux et commença à jouer. Cela ...
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