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Souvenirs
Datte: 31/01/2026, Catégories: fh, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe
... frôlée en voulant lui montrer deux yeux dans l’eau, le dessus de sa main. Si elle n’avait pas entrevu la grenouille, Claudette, par contre, s’était sentie comme prise dans un tourbillon inconnu sous l’effet d’une caresse qui n’en était pas réellement une. Pourquoi et comment avait-elle tourné son visage vers l’homme qui souriait ? Pas à elle, non, mais aux anges ou alors à un spectacle champêtre dont elle découvrait la beauté. Instinct primaire, élan du cœur, là encore aujourd’hui, devant la pièce d’eau, elle se demande encore comment elle avait pu oser faire ce pas, vers lui. Oui… assurément, c’était bien elle qui, sans comprendre, était venue quérir un baiser. Oh ! Henry n’avait certes pas refusé l’offrande, mais il n’avait pas non plus profité de la situation. Mon Dieu, que de chemin parcouru depuis cet instant où… elle était restée suspendue à sa bouche, pour en écouter la musique des mots, pour savourer aussi la saveur de baisers qu’ils avaient renouvelés avec plus de fougue ! Elle était rentrée à son hôtel avec une invitation à le revoir, le plus vite possible. Là, dans la chambre, elle s’était mise à écrire… oui… pas vraiment un article, non ! Comment ? Pourquoi ? Sur les pages blanches de son calepin, les phrases coulaient de source. Il était loin ce Marc lâcheur, et en filigrane de son visage qui se diluait dans les méandres de son cerveau, Claudette voyait celui de Henry remplacer l’absent. Des heures durant, elle avait noirci des lignes et des lignes, ...
... inventant une histoire de marquis et de nobles. Toutes avaient pour toile de fond le château de « La Marre ». Pas une seconde, elle n’avait lâché son crayon et les rayons d’un soleil levant d’un jour nouveau n’avaient pas non plus entamé l’élan de la jeune femme. Ce n’est que l’appel de son ventre affamé qui lui avait fait réaliser que midi venait de sonner au clocher proche. Un déjeuner rapide, puis ses pas la dirigeaient vers le toit pointu de la belle demeure. Là-bas… l’odeur de pâtisserie flottait autour de l’entrée. La jeune femme en robe et souliers de ville s’attardait dans la contemplation de ce qui au bout d’un chemin de terre, ressemblait à un décor des mille et une nuits. Le château de la belle au bois dormant… ou de Sissi, l’impératrice. Toutes les lectures de sa jeunesse revenaient en ordre dispersé chavirer le cerveau d’une Claudette éprise du lieu autant que de son propriétaire. C’était Jenny qui avait ouvert la porte donnant sur un hall immense. — Ah… papa m’avait prévenu que vous alliez venir lui rendre visite. — Je… me prénomme Claudette, Jenny. — Claudette ? C’est un joli prénom… je… — Oui ? — Vous avez du charme et je comprends que mon père se sent pousser des ailes. Mais… — … ? Oui ? Je vous écoute… il y a un problème ? — Euh… je ne sais pas si je peux appeler ça un problème. Mais je n’ai eu que votre prénom dans les oreilles depuis hier soir et mon retour de la foire… alors… nous pouvons en parler un peu ? N’est-ce pas ? — … ? De quoi voulez-vous ...