1. Un bébé toute seule


    Datte: 30/01/2026, Catégories: nonéro, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe

    ... devant toi… tout à construire ma chérie. Et puis… qui sait, un jour j’aurais peut-être des petits-enfants à faire sauter sur mes genoux.
    
    Ça n’appelle aucune réponse de ma part. Et puis ce qui me turlupine me fait poser prestement ma serviette, pour filer aux toilettes. Là, je régurgite dans un haut-le-cœur impossible à réprimer ce déjeuner qu’elle a mijoté avec amour. Pas moyen de cacher ma bobine défaite à la sortie du petit coin. Maman me dévisage et fait une drôle de moue. Je dois prendre les devants pour m’éviter une question gênante.
    
    — Je crois que quelque chose n’est pas passé. J’ai pris un coup de froid peut-être. Ça n’a rien à voir avec ton repas, maman.
    — Tu es certaine que ça va ? Je peux appeler Lucien Lambert, si tu ne te sens pas bien.
    — Maman, ça ira… c’est juste un coup de mou passager. Ne sois pas inquiète.
    — Si tu le dis… mais promets-moi de te surveiller…
    — Mais oui ! Je suppose que comme chaque dimanche après-midi, tu vas faire ta promenade au cimetière ?
    — Qu’est-ce qu’il y a de drôle là-dedans ? Tu m’accompagnes ? Marcher nous fera du bien à toutes les deux. Et puis… ton père sera content de te voir !
    — … !
    
    Pas la peine d’insister. De toute manière, ma mère a des idées plutôt tranchées sur certains sujets et je ne vais sûrement pas la faire changer d’avis. Alors oui, l’air frais de ce début d’après-midi ne peut que me faire du bien. Je déguste à cause de mes vomissements de plus en plus fréquents. Et zut ! L’idée que des petits pieds ...
    ... puissent pousser en moi m’est véritablement insupportable. Du reste je ne parviens toujours pas à entrevoir comment ce serait faisable. Inenvisageable pour moi qui vit seule, et ne garde aucun souvenir d’un quelconque rapport sexuel avec un mec. C’est inouï ! Il y a forcément une autre explication, puisque celle d’une baise dont je ne garderais aucun souvenir est à écarter.
    
    Nous allons ensemble vers le lieu où repose mon père. Comment maman peut-elle vivre dans son souvenir de la sorte ? S’interdire toute autre vie depuis son départ prématuré dû à une douloureuse maladie ? Dix ans déjà qu’elle vit seule et que chaque dimanche, comme un pèlerinage, elle vient le saluer ici ! Il me manque aussi, mais j’ai fait mon deuil depuis longtemps. Et je ne garde que les bons moments en sa compagnie. Je me suis fait une raison. L’avoir vu souffrir comme ce n’est pas permis, une délivrance sans doute pour lui que son départ. Bien entendu, les rapports entre maman et papa étaient bien différents de ceux que j’ai eus avec eux deux. Je peux comprendre la douleur de ma mère.
    
    À mi-chemin, je dois de nouveau m’écarter du chemin qui serpente à la lisière de la forêt pour soulager mon estomac dans un vomissement qui m’arrache les tripes. Les yeux embués par cette évacuation par le haut de ce qui navigue dans mon corps surprend maman qui cette fois, se pose pour de bon des tas de questions. Et évidemment elle ne se prive pas de me les ramener sur le tapis.
    
    — Bon sang, Hélène ! Tu ne vas pas bien ...
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