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SANCTUAIRE
Datte: 05/01/2026, Catégories: Entre-nous, Les femmes, Auteur: Miss_Sexcret, Source: Hds
Chez moi, la honte du corps se transmettait de mère en fille. Ma mère l’avait reçue de ma grand-mère, avec leurs prières, leurs silences, et leurs regards pleins de jugement. La religion occupait toute la maison. On parlait de pureté comme d’un trésor fragile, et de désir comme d’un piège du démon. Très tôt, j’ai appris à croiser les jambes, à cacher ma peau, à éviter les miroirs. On m’enseignait que le sexe était sale, que le plaisir se paierait tôt ou tard. Je me confessais pour des pensées, pour des rêves, pour des frissons. Plus tard, j’ai fui. J’ai joui. J’ai désobéi. Mais rien n’a vraiment disparu. Les églises continuent de m’émouvoir. Les lieux sacrés me troublent. Et parfois… ils m’excitent. Comme si ce qu’on m’a interdit était devenu le cœur même de mon désir. SANCTUAIRE Je n’avais pas remis les pieds dans une église depuis des années. Même les enterrements, je les fuyais. Il y avait quelque chose de trop lourd, trop enraciné dans les pierres, dans l’encens, dans les chants monocordes qui résonnaient encore parfois dans mes cauchemars. Mais cette abbaye… S. avait insisté. « Tu vas adorer. C’est beau. C’est vide. Et un peu interdit. » Je savais ce qu’elle cherchait. Elle connaissait mes failles, mes cicatrices. Elle adorait y glisser ses doigts. Elle appelait ça "jouer avec les fantômes". L’abbaye était perchée au bout d’un sentier envahi de lierre, à l’écart de tout. Fermée au culte, elle restait accessible aux visiteurs. Du moins, ...
... jusqu’à dix-sept heures. Nous étions seules. Le portail grinçait comme un soupir. Dès les premières marches, j’ai senti mon ventre se nouer. L’air était plus froid, saturé d’humidité et de silence. Je reconnaissais tout : les vitraux effacés, les bancs en bois usé, les reliques poussiéreuses… même le crucifix au fond, avec ce Christ maigre et piteux qui me fixait, tête penchée, comme s’il savait. S. a tourné sur elle-même, les bras ouverts. — T’as vu ? C’est un théâtre. Et personne ne regarde. J’ai souri sans répondre. Ma gorge était sèche. Sous ma robe légère, mes cuisses collaient. De peur. Ou d’anticipation. Elle m’a tirée par la main. On a traversé la nef. Puis elle a disparu derrière le rideau de velours qui marquait l’entrée du chœur. Je l’ai suivie, bien sûr. Comme toujours. Là, elle m’a plaquée contre une colonne, sans un mot. Ses doigts ont trouvé mes hanches. Elle m’a embrassée. Lentement. Profondément. Comme pour me faire oublier où on était. Ou me le rappeler, au contraire. — Tu crois qu’il nous regarde ? a-t-elle soufflé contre ma joue. — Il ? — Dieu. Ou un vieux prêtre caché dans l’ombre. Qui bande. J’ai ri. Mais c’était nerveux. Je tremblais. Et j’étais mouillée. Tellement que je le sentais couler doucement entre mes cuisses. Elle l’a senti aussi. — Petite sainte perverse… Elle s’est agenouillée. Là, dans l’allée centrale, entre les rangs de bancs vides. J’ai eu un mouvement de recul. — Non… Ici… — Chut. Tu fantasmes ...