Le petit chaperon...
Datte: 02/04/2025,
Catégories:
nonéro,
nostalgie,
portrait,
pastiche,
délire,
Humour
fantastiqu,
merveilleu,
sorcelleri,
contes,
Auteur: Juliette G, Source: Revebebe
— Le petit chaperon…
— Rouge ! Je l’aime bien celle-là ! Ma maîtresse nous a lu l’histoire en classe.
Amélie m’avait regardée d’un air enjoué et son enthousiasme m’avait fait sourire.
— Eh bien non ! C’est un petit chaperon, mais il n’est pas rouge. Il est marron ! Pour la rime. Tu sais ce qu’est une rime ? Tu sais ce qu’est un chaperon ?
Amélie m’avait jeté un drôle de regard avant de pousser un grand soupir. Puis elle avait lâché un « Non, j’sais pas… », dépitée, en haussant ses frêles épaules.
Aujourd’hui, Amélie saura ce qu’est une rime et elle découvrira que le chaperon en question n’est pas le nom de l’héroïne du conte. Il me faudra évidemment lui faire prendre patience, l’adorable enfant étant en attente d’une sympathique histoire. Et moi, je tiens à savoir où je vais poser mes jolis petons.
— Tu peux me dire quelles sont les histoires que tu connais ? Quels sont tes contes et tes fables préférés ? Tu sais ce que les mots contes et fables signifient ?
Son mignon visage s’est assombri, et la pauvrette impatiente sent l’histoire promise en danger.
— Amélie ? Ne boude pas ! Je te raconte cette histoire ensuite… Promis !
De deux choses l’une…
Soit ces tarés de conteurs détestaient les enfants, soit leurs récits bien tordus étaient destinés aux adultes. J’ose espérer que la seconde option est la bonne. Ce qui nous fait tomber de Charybde en Scylla. Si nos auteurs d’antan adoraient coller la pétoche à leurs contemporains, il n’y aurait rien à ...
... redire. Sauf que ces contemporains pétochards et morts de trouille se sont vengés sur leurs descendances ensuite. Et là, il y a des choses à dire. Comment en sommes-nous arrivés à cette odieuse manie ? Foutus Perrault, Grimm et autres Andersen…
— Va vite te coucher et je viens te raconter une histoire…
Et juste avant de sombrer dans le sommeil du juste, un nombre faramineux d’enfançons, l’histoire bien en tête, tremblotaient dans leurs habits de nuit avant de rejoindre Morphée. Parce que nos chers contes de notre enfance… C’est du rudement coquet ! C’est du gratiné sévère ! Entre les loups qui se goinfrent de gniards un peu simplets qui jettent des cailloux et les ogres qui égorgent leurs propres filles, avouons que nos chères têtes blondes avaient de quoi avoir le sommeil troublé. Et la nuitée venue, un faible appel apeuré résonnait dans d’innombrables maisonnées.
— Maamaaaan ! J’ai fait piiipiiii au lit !
Et là… Ô combien de ces malheureux gamins se prenaient moult taloches pour avoir pissé dans leurs mignons pyjamas et dans leurs petits plumards douillets !
Indignes et sadiques. Voilà le vrai visage de ces gens. Ces gens ! Nos grands-parents adorés et nos parents adulés. Oui, parfaitement. Ils nous terrorisaient le soir, certainement pour se venger de nos bêtises et autres agaceries de la journée. Ils devaient passer leurs journées à se pourlécher les babines, attendant avec patience l’instant de nos couchers. Là, ils se lâchaient à grands coups de « Le petit ...