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L'inceste
Datte: 26/03/2025, Catégories: Dans la zone rouge, Auteur: Philus, Source: Hds
Dix heures du matin. Trois femmes sortaient en papotant du vaste centre hospitalier de Chambéry. Trois infirmières que leurs collègues avaient surnommées « Les trois mousquetaires ». Il y a quelques mois en effet, lors d’une sympathique réception du personnel médical, Judith, Josette et Audrey avaient un peu forcé sur les cocktails. Elles avaient été photographiées, fendues en position de défense tel un escrimeur, coiffées d’un chapeau pointu en carton duquel tombaient des serpentins multicolores. À la main, en guise d’épée, une seringue pointée. La photo trônait depuis, bien en vue sur l’un des murs du bureau des infirmières. Elles en riaient beaucoup et leurs collègues encore plus. Plus loin, les trois filles terminant leur service de nuit se firent la bise. Tandis que Judith et Josette s’orientaient vers l’entrée piétonne du parking souterrain de l’hôpital, Audrey Prillé, jolie brunette de trente-quatre ans, traversa à pied l’avenue de Lyon. Elle se dirigea vers l’appartement qu’elle louait en haut d’une tour de quinze étages située rue des Tilleuls. Un trois-pièces dans une HLM, extérieurement assez propre et intérieurement remis à neuf avant son emménagement. Ce qu’Audrey appréciait surtout, c’était le calme du quartier et la proximité de son lieu de travail. Habituellement, comme après toutes ces nuits où elle travaillait, elle n’aspirait qu’à une chose, se coucher et dormir après avoir fermé les volets de la chambre pour se prémunir de la lumière du jour. Ce ne ...
... fut pas pour aujourd’hui, car Audrey ne vivait pas seule et elle devait annoncer une nouvelle. Avec elle demeurait son fils de dix-neuf ans qu’elle hébergeait depuis seulement deux ans. Né par « accident » quand elle avait elle-même tout juste quinze ans, Vincent a été élevé par sa grand-mère et à la mort de celle-ci, Audrey avait dû prendre ses responsabilités. Toutefois, elle ne ressentait pas en elle la fibre maternelle, c’était plutôt une femme qui aimait faire la fête, rentrer tard, danser, draguer… mais la cohabitation se déroulait sans problème particulier. Vincent était devenu un bel homme. Amateur de piscine, il était affûté et doté d’une musculature particulièrement bien dessinée. Audrey devait lui notifier la venue à demeure de son compagnon Jules. — Alors comme ça il va y avoir un mec en permanence chez nous ? résuma Vincent, pas très content et en élevant la voix. — Baisse d’un ton, tu veux ! rétorqua sa mère en pointant l’index sur son fils. Tu es ici chez moi et chez moi, je fais ce que je veux. Je prends la précaution de te prévenir, je n’étais pas obligée. — J’espère seulement que ce n’est pas un connard et tâchez de ne pas faire de bruit quand vous baiserez, je te rappelle que j’ai la chambre juste à côté. Après avoir lancé son scud, Vincent claqua la porte au nez de sa mère. Audrey, résignée, poussa un soupir et se prépara à aller chercher Jules à la gare. * Jules habitait Lyon et travaillait à la poste. Il avait obtenu sa mutation pour ...