1. L'oasis


    Datte: 24/01/2025, Catégories: religion, chantage, nonéro, Auteur: Melle Mélina, Source: Revebebe

    ... gigantesque, incommensurable. Imaginez que je parle de toutes les vies terrestres, la vôtre, la mienne, celle de votre voisin, celle de votre chien.
    
    Sur cet écran, il y a des brèches, l’usure du temps, toute toile finit par s’éroder et par endroits se déchirer − des brèches comme des coups de poignard qui permettent à l’œil aiguisé de voir ce qu’il y a derrière cette toile.
    
    Imaginez maintenant que derrière notre toile, se trouve une autre toile. Elle paraît identique, mais elle ne l’est pas. Sur cette toile, ce rideau, se trouve un monde, des humains, des hommes, des femmes, des enfants, des chiens, des chats. Mais sur cet écran, le monde n’est pas régi par les mêmes règles, le temps y est différent.
    
    Derrière cet autre monde, on peut apercevoir au travers les déchirures de l’usure, un troisième monde et ainsi de suite et devant nous, parce que nous avons vu ce qu’il y avait derrière, mais devant, ce n’est pas du néant, il y a une toile avec des déchirures.
    
    Vous visualisez ? Plusieurs univers superposés les uns aux autres avec des déchirures qui permettent d’entrevoir au-delà de notre voile. C’est ce don. C’est ce don que je possède, je vois au-delà. Je vois l’ « ailleurs ».
    
    (Je laisse toujours un laps de temps pour que ces informations puissent être digérées par mon assistance avant de reprendre.)
    
    Non seulement, je peux voir, mais je peux m’y déplacer. Je peux voyager d’un univers à l’autre mes amis.
    
    L’espace-temps diffère de ce que nous connaissons. ...
    ... Parfois, une minute dure une heure et parfois, c’est le contraire. L’histoire que je vais vous raconter se déroule sur plusieurs semaines alors que pour vous, cela n’a duré que le temps d’une nuit.
    
    J’avais traversé plusieurs voiles avant de tomber au beau milieu d’un désert de sable. Un désert implacable, un océan argenté à perte de vue. Tout autour de moi, des montagnes de dunes plus hautes les unes que les autres. Au-dessus de moi, un ciel bleu sans l’ombre d’un nuage et un soleil à son zénith, éclatant, brûlant.
    
    Je regrettai d’avoir traversé les mondes pieds nus, mais telle était la bêtise que j’avais commise. Le sol me brûlait la plante des pieds et les rayons dardaient leur ardeur sur ma peau qui vite se boursouflait.
    
    Je fus vite en proie à une cruelle déshydratation, mais je continuai ma marche en avant. L’inertie est synonyme de mort. J’ôtais ma chemise pour couvrir ma tête, et ainsi protéger mon cerveau qui était le meilleur atout que j’avais en ma possession pour survivre à ces conditions hostiles. Ma vue devint à son tour affectée, sur des étendues de sable se dessinaient des vagues de vapeurs, des ondes luisantes altérant l’horizon, lui donnant un aspect trouble.
    
    Je titubais, j’avais du mal à placer un pied devant l’autre, chaque pas était une douleur et une victoire, mais chaque pas me coûtait en énergie. Combien de fois ai-je failli tomber au sol ?
    
    Enfin, la nuit arrivait subitement comme le ferait un volet que l’on ferme. Et à la chaleur, la froideur ...
«1234...7»