1. Au service de ces dames


    Datte: 07/01/2025, Catégories: A dormir debout, Auteur: cochonet, Source: Hds

    Ca faisait six mois que j’avais terminé mes études en communication et je n’avais toujours rien trouvé comme boulot stable. Rien que des intérims de quelques jours, pendant lesquels j’avais fait n’importe quel métier pour gagner quelques sous. Ce mardi là, en feuilletant un des « toutes boîtes » gratuit, j’ai lu « Société commerciale recherche collaborateur dynamique et motivé pour étoffer son équipe, bonne présentation exigée. » Suivait une invitation à prendre rendez-vous et un numéro de téléphone Je ne risquais pas grand-chose, sinon que la place soit déjà prise par un plus chanceux ou plus rapide que moi.
    
    Je sonne, une voie féminine, assez distinguée, me répond que si je suis disponible je peux venir me présenter l’après-midi même, vers quatorze heures, au siège de la société qui se situe dans un quartier périphérique à dix minutes du centre-ville.
    
    Treize heures quarante-cinq, je suis déjà dans la rue des Mésanges, c’est une banlieue cossue. En attendant l’heure, je fais les cent pas. C’est au numéro trente-sept, une maison des années vingt, assez grande, au milieu d’un jardin, sur la grille une plaque « SCALDIA, import-export » et une autre « I. BELLIER, docteur en Médecine, sur rendez-vous uniquement ». Je sonne, la voie de ce matin grésille dans le parlophone : « vous êtes attendu, entrez par le côté droit de la maison, la porte vitrée. Je perçois un léger balancement des rideaux au premier étage pendant que je traverse le jardin. L’accueil est bien sur le ...
    ... côté de la maison, une porte en verre donne sur un local de réception. Derrière un comptoir, une jeune femme en tablier blanc pianote un clavier d’ordinateur. Je me présente… Le tablier me répond : « Le Docteur Bellier va vous recevoir dans quelques instants… ». Je ne suis pas malade et n’ai point besoin du médecin, je le fais savoir. La secrétaire me sourit et m’explique que, depuis deux ans que son mari est décédé, Madame Bellier qui est dermatologue, gère l’entreprise de produits cosmétiques haut de gamme créée par son époux et, en même temps, son cabinet médical. « Instalez-vous et remplissez ce formulaire, c’est un curriculum vitae. Madame saura ainsi déjà un peu qui est en face d’elle. »
    
    A quatorze heure cinq, l’interphone sonne et la secrétaire me montre la porte capitonnée. J’entre dans une pièce ouvrant sur le jardin par une grande fenêtre en saillie ou se situe le bureau ; dans le coin, à l’écart de la fenêtre, je remarque de suite l’équipement médical, armoire vitrée, table d’examen, lampe… tout y est. Le docteur Bellier me reçoit dans l’entrée et m’invite à m’assoir en face d’elle et s’installe derrière le bureau. Elle parcourt le questionnaire tout en me gratifiant d’un regard plein de curiosité. C’est une femme de quarante ans environ à l’allure sportive, plus élancée que vraiment mince. Sous son cache-poussière blanc qu’elle n’ pas pris la peine de fermer, elle porte une jupe droite anthracite et un chemisier clair, un collier coloré et des boucles d’oreilles ...
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