1. Un rêve bouleversant


    Datte: 28/10/2024, Catégories: A dormir debout, Auteur: Couple-conquis, Source: Hds

    ... de cadence, ils rigolent et décident de rattraper leur retard : en deux ou trois foulées ils se retrouvent juste derrière nous. « Faut pas être si pressés les amoureux, attendez-nous… » Deux d’entre eux nous dépassent et se postent devant nous pour nous empêcher d’avancer plus loin. « On veut juste embrasser la mariée et après on vous laisse partir, promis. »
    
    On ne sait pas trop quoi faire, on dirait bien qu’on n’a pas le choix. Je regarde autour de nous, ils sont cinq, trois noirs et deux maghrébins, déjà très costauds malgré leur âge et ils font tous une à deux têtes de plus que moi. Je jette un œil à ma chérie, elle me souffle : « C’est bon, ça va aller » sur un ton qui se veut rassurant. L’un après l’autre les mecs viennent devant ma femme et l’embrassent sur la bouche. Les deux premiers se contentent d’un baiser appuyé sur les lèvres mais les trois autres se font plus hardis : il y en a un qui lui passe un grand coup de langue sur le visage sous les rires des autres, et les deux derniers lui roulent carrément un patin, rentrant leur langue dans sa bouche. Pendant que le dernier la galoche de cette façon obscène, un autre s’est plaqué derrière elle et lui a saisi les seins à travers son corsage. « Ça suffit les gars, dis-je la gorge nouée, vous aviez dit juste un baiser… » Ils se marrent. Lingling ne dit rien, même si je vois à son expression qu’elle a vraisemblablement moins peur que moi.
    
    Je prends mon courage à deux mains, lui tiens fermement la main et donne le ...
    ... signal du départ, démarrant d’un pas qui se veut ferme et assuré. Ils éclatent de rire devant mon mouvement de panique. « C’est bon mec, flippe pas, on va pas te la prendre ta chérie, on s’amuse un peu, c’est tout. » Ces paroles n’ont absolument pas de quoi nous rassurer, nous continuons d’un bon pas sans nous retourner et je constate avec soulagement que cette fois ils ne nous suivent plus et se contentent de rire en nous regardant disparaître de leur horizon. Ouf !
    
    Le danger est passé mais j’ai de la peine à retrouver mon calme et je me sens mal, je m’en veux d’avoir laissé faire ça sans intervenir. Lingling n’a pas l’air traumatisée par cette mésaventure mais je n’ai pas été à la hauteur de la situation. Alors j’essaie de me justifier, un peu maladroitement, sans savoir vraiment où je veux en venir. Je parle, je me plains de la manière dont la situation évolue en France, du problème de tous ces immigrés que nous accueillons, de l’éducation des jeunes qui laisse à désirer, de la crise des valeurs, du manque de respect… Elle m’adresse un regard implorant : « S’il te plaît mon chéri, arrête un peu de parler de politique… » Bon bon d’accord, je me tais. Il n’empêche qu’on ne m’ôtera pas de l’idée que… enfin bref, je n’en pense pas moins.
    
    Après avoir suivi ce chemin un long moment jusque dans la forêt, nous débouchons sur une petite clairière cachée dans les sous-bois, un endroit pittoresque à souhait. Entre deux arbres est tendu un grand hamac en lin blanc qui nous invite ...
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