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Méli très mélo
Datte: 22/10/2024, Catégories: ff, lesbos, Auteur: Claude Pessac, Source: Revebebe
... l’est aussi désormais. Ainsi que Françoise, si… elle a capté ses confidences. Face à la similitude de leurs destins, un titre de roman était spontanément venu à l’esprit de Théo : « Chiens perdus sans collier », mais dans la seconde suivante, l’adolescent avait balayé toute analogie avec leur cas. S’ils étaient chiens, alors ils étaient chiens de bonnes lignées, chiens de race, pas les gentils corniauds égarés de Cesbron. Perdus, ils ne l’étaient pas, riches qu’ils étaient de leurs amis, riches qu’ils étaient de leur amour dont Théo, enthousiasme juvénile ou inconscience exaltée, n’osait plus douter désormais même si une appréhension maladive lui tordait encore et toujours les boyaux. Quant aux colliers, ils pourraient s’en offrir des modèles haut de gamme, cuir Connelly serti des petits diamants : les donations et legs de leurs parents respectifs leur assuraient, s’ils le souhaitaient, un avenir confortable de rentiers désœuvrés. Ce qui, en l’occurrence, n’était pas leur souhait… Chiens perdus sans collier, non, Théo s’imaginait, leur imaginait, un avenir ensoleillé d’inépuisables tendresses et de câlineries emmiellées. Enfin, si elle le voulait bien elle aussi. « Faites qu’elle se réveille. Vite ! » oooOOOooo Un an plus tôt… Dans un coin du vestiaire des filles, la gazelle s’était déshabillée rapidement. Gazelle, c’était bien le seul surnom qu’elle ait jamais accepté. Parfaitement justifié et totalement mérité : sur quinze cents, elle explosait les ...
... chronos, la gazelle ! Une foulée longue, régulière, déliée et élégante. La classe ! Alors oui, gazelle, elle avait accepté. Comme à son habitude, Françoise avait traîné avant de rejoindre le vestiaire. Éviter le groupe, attendre que le maximum de filles soit parti. Toutes si possible. Pour cacher ses brugnons : encore et toujours son complexe mammaire ! Dieu sait pourtant que dans le club, la plupart des sportives, particulièrement les sprinteuses et les fondeuses comme elle, lui ressemblaient bien plus qu’elles ne ressemblaient à une Marylin ou une Bardot. Les deux ou trois qu’elle catégorisait comme bimbos portaient des soutifs bonnets C : rien d’extravagant donc. Presque déshabillée(elle ne quitterait son soutien-gorge sport qu’au tout dernier moment), elle s’embarrassait les mains de flacons de shampoings, gel douche, lait corporel… Une ruse qui lui permettait de tenir son drap de bain serré contre son corps et pendu entre les dents. Camouflage ! Françoise venait de s’installer dans l’une des douches, l’une des deux à bénéficier de parois latérales carrelées quand elle avait été apostrophée par une voix joyeuse. Tournant la tête, elle avait reconnu la « puce ». Une drôle de petite nénette, toute menue, mais qui faisait des étincelles au lancer de marteau. À croire qu’elle compensait son gabarita priori peu compatible avec cette discipline par une énergie hors du commun. Une véritable bombe à neutrons, ce moucheron ! — Félicitations, je t’ai vue courir, on a ...