1. Méli très mélo


    Datte: 22/10/2024, Catégories: ff, lesbos, Auteur: Claude Pessac, Source: Revebebe

    ... organe de perception, d’analyse et de pré-enregistrement des apprentissages et des souvenirs. C’est la mémoire à court terme. Il est fréquent qu’à leur réveil, les patients présentent une amnésie, généralement temporaire, des événements les plus récents, à commencer bien souvent par l’oubli de l’accident qui a provoqué le traumatisme. Il m’est impossible à l’heure actuelle d’avancer aucun pronostic à ce sujet. Il faudra attendre son réveil.
    — Françoise est dans le coma ? Alors…
    — Stop, jeune homme : nous l’avons placée en coma artificiel. Ce n’est pas un coma… pathologique, insiste-t-il pour être bien compris. Nous l’avons mise et la garderons quelques jours sous sédatifs, pour qu’elle ne souffre pas de ses blessures d’une part et d’autre part, en attendant que l’hématome sous-dural soit totalement résorbé et que tous les éléments de son cerveau se soient remis en place. Cette sédation est donc contrôlée par nous.
    — D’accord, mais… on dit souvent que les personnes dans le coma peuvent entendre ce qu’on leur dit. Est-ce vrai ?
    — Je vous voir venir ! Alors, dans un « vrai » coma, dès le stade 1, eta fortiori pour les stades suivants, c’est fort peu probable, mais bon, on n’a malheureusement guère l’opportunité de vérifier la chose. Concernant Françoise, considérez qu’elle dort simplement. Or, vous le savez sans doute, on peut percevoir des choses en dormant, on peut même apprendre en dormant. Si vous passez un enregistrement d’un cours, par exemple sur votre ...
    ... lecteur-cassettes pendant votre sommeil, il y a de bonnes chances pour que vous ayez assimilé bon nombre des informations entendues dans la nuit. En coma artificiel, le cerveau n’est pas inactif et les phases naturelles du sommeil sont même plus ou moins respectées. Donc, oui, vous pouvez lui parler et espérer qu’elle vous entende. Plus ou moins… mais qu’il en soit, lui parler stimulera son hippocampe. Mais j’insisterai déjà sur un point : soyez positif ! Ne lui communiquez pas vos angoisses, ne laissez pas transparaître votre stress. Souriez : même forcé, le sourire passe dans votre voix. Parlez-lui de souvenirs agréables, de projets… ensoleillés… vous voyez ce que je veux dire…
    
    Le praticien se renverse en arrière, s’appuie contre le dossier son fauteuil et affiche un petit sourire vaguement moqueur.
    
    — Je dois de vous dire que je connais bien Françoise, son père était mon ami. Elle est encore venue déjeuner chez nous il n’y a pas si longtemps. Un mois… et demi, je crois. Je connais toutes les épreuves qu’elle a traversées et notamment l’odieuse agression d’il y a quoi… trois, quatre ans ? Mon épouse et moi-même sommes inquiets pour son avenir. Sur le plan affectif, particulièrement. Or, jeune homme, si Françoise nous a souvent parlé depuis un an de sa chère amie Alejandra-Alexa, elle ne nous a jamais rien dit au sujet d’un… petit ami. Je m’en souviendrais, la nouvelle nous aurait réjoui ma femme et moi ! J’en déduis donc que votre relation est plutôt récente, non ?
    
    Face au ...
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