-
Deux mondes...
Datte: 29/08/2024, Catégories: f, h, fbi, telnet, amour, cérébral, jeu, aventure, sf, fantastiqu, contes, Auteur: Juliette G, Source: Revebebe
La jeune femme se laissa tomber de la muraille, le corps bien droit et les genoux relevés. Le choc sur les épaules du garde la fit aussitôt réagir. La main droite accrochée à une épaule de l’homme, l’autre se posa sur le casque, tira violemment la tête sur l’arrière et une lame acérée se planta dans la gorge offerte. Le corps en armure qui s’effondrait parut ébranler le silence de la nuit. Une nuit d’un noir d’encre. Une nuit sans la moindre étoile dans le ciel. Maintenant, la tueuse devait fuir… L’obscurité était son alliée et la voleuse se devait de profiter de l’aubaine. La jeune femme avait traversé la basse-ville d’une démarche prudente, emmitouflée dans sa longue cape sombre et sa capuche baissée sur le visage. La noctambule s’était engouffrée dans l’auberge sans avoir croisé quiconque. C’était l’endroit parfait. Un bouge malsain pour la plupart des habitants de la capitale, mais idéal pour abriter une tueuse qui cherchait à se cacher. Si Lanna Voltaire était avant tout une voleuse, ses occupations dangereuses l’amenaient parfois à tuer. Voler lui apportait quelques richesses, un certain plaisir et beaucoup d’excitation, mais tuer ses semblables la rebutait toujours. Elle était pourtant parfois obligée de le faire. La chambre était propre. Une chambre nettoyée de fond en comble et munie de tout le nécessaire pour pouvoir se laver. C’étaient les seules exigences de l’occupante du lieu et l’aubergiste avait fait l’effort de satisfaire cette cliente si délicate. ...
... Elle avait payé le prix fort pour ces demandes sortant de l’ordinaire. Un lit de bois pourvu d’une simple paillasse. Une armoire aux vernis passés. Une petite table bancale garnie d’une grande cuvette assortie d’un énorme broc d’eau claire. Un large miroir à la glace fêlée et ternie de moisissure fixé au mur. C’était tout. Lanna Voltaire avait loué cette chambrette pour cinq fois son prix. Entrer dans le domaine du comte Hector Delastres avait été facile. Dénicher le coffret et le vider des bijoux avait été un jeu d’enfant. Quitter les lieux n’aurait pu être qu’une formalité. Mais il y avait eu le garde. Lanna n’avait pas voulu prendre de risques. C’était dommage pour sa victime comme pour elle-même. Elle avait bien failli réaliser le cambriolage parfait. Lanna se débarrassa de sa cape, dégrafa le large ceinturon sur lequel étaient fixés deux fourreaux de cuir et se déshabilla en quelques gestes. Le pourpoint de cuir marron et l’ample chemise de coton blanc allèrent rejoindre la ceinture sur la paillasse du lit et la voleuse regarda les armes avec un petit sourire aux lèvres. Ses lames étaient ses seules amies. Les fourreaux étaient garnis de ses dagues. La vente de ses lames pourrait lui apporter une autre vie. Une vie riche et oisive. Pourtant, la voleuse savait qu’elle ne se séparerait jamais de ses chères dagues. Lanna s’observa un moment dans le miroir avant de tremper le linge épais dans l’eau de la cuvette. Les deux lampes à huile faisaient danser des ombres à ...