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La drague des copines
Datte: 16/07/2024, Catégories: fh, Auteur: ClubAA, Source: Revebebe
Ai-je eu raison de parler de cette invitation de Carl à mes copines, je ne sais pas, je ne sais plus. Cela tourne dans ma tête à me la faire éclater. Aussi, pourquoi est-il venu sonner à ma porte. Pourquoi m’a-t-il adressé la parole ? Bon, pour être honnête, je l’avais un peu maté lors de son emménagement, mais un tout, tout petit peu. Juste les deux jours du week-end qui avaient été nécessaires à ces travaux. Je fus tout de même surprise quand j’entendis tinter ma sonnette. Il est là, à mon seuil de porte…. Beau, sexy, viril, un vrai mec, quoi… ! — Bonjour, vous êtes bien Charlotte ? C’est en tout cas ce que je lis à votre porte. — Woui. — Je m’appelle Carl, et je suis votre nouveau voisin de palier. — Woui. — J’espère ne pas vous avoir trop dérangé avec tout le bruit que nous avions fait. — Woui… Enfin, non, pas du tout. — Pour me faire pardonner, je désirais faire une petite fête. — Woui. — Pendre la crémaillère, en quelque sorte. — Woui. — Je désirais inviter tous mes voisins. — Woui. — Serais-tu disponible, Charlotte ? Je pense que nous pouvons nous tutoyer ? — Woui. — Alors, à samedi soir ? — Woui. — Salut ! — Woui. Plus conne que moi, tu meurs… ! Il me fait perdre tous mes moyens, ce mec. Et puis, de quoi j’ai l’air avec mon jean qui date de Mathusalem, mes pantoufles éculées et ce pull informe, mais si confortable ? Pour ces agapes, que vais-je donc porter comme habits ? Il faut que je me surpasse pour lui taper dans l’œil. Ding… ...
... ! Ah, j’ai reçu mail de Nyaring, Elle m’avait dit qu’elle croyait le connaître. Sans doute ne l’avez-vous jamais remarquée, ou bien distraitement pour aussitôt l’oublier, en la croisant dans un couloir. Et pourtant, elle fait partie de votre décor depuis plusieurs années. Transparente. Utilitaire. Pantin mécanique. Son prénom est Nyaring. Elle a vingt-cinq ans, de longs cheveux crépus, et vient du Soudan du Sud qu’elle a fui avec sa famille durant son enfance. Aujourd’hui, elle travaille comme technicienne de surface, intérimaire d’un sous-traitant d’une grosse entreprise de nettoyage. Autrement dit d’une manière plus triviale, elle récure chaque jour vos chiottes professionnelles avec de l’eau de Javel parfumée à l’eucalyptus. Les hommes arrivent pour ce qu’ils appellent une « pause technique », parfois sans interrompre leur conversation stratégique à l’oreillette de leur téléphone. Ils baissent leur braguette devant l’urinoir, puis extraient l’oiseau sacré qui fredonne le chant du whisky secrètement picolé entre deux réunions de direction – la bouteille est dissimulée dans le tiroir du bas du caisson, à côté de la boîte de préservatifs dévolue aux collègues féminines les moins farouches. Normalement, aucune dame n’a le droit d’entrer dans ces endroits. Peu s’y risquent, même quand les toilettes réservées à leur genre sont toutes occupées, ce qui arrive souvent pendant les pauses, car elles sont dans un service de relations humaines d’une multinationale où travaille ...