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Souvenir de Corse.
Datte: 11/07/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: DeeWar, Source: Hds
... importait l'endroit où il m'emmenait pourvu que je sois à ses côtés. La chevauchée s'avérait mal aisée mais je n'osais me coller à son dos et enrouler mes bras autour de sa taille, de peur de le brusquer. Il s'en aperçu et me saisit la main qu'il plaqua d'autorité contre son ventre plat. Ce simple contact m'électrisa et je me lovais contre mon prince charmant. J'épousais son large dos, jouais avec ses cheveux au vent qui fouettaient mon front. Mes mains emprisonnaient sa taille et remontaient inexorablement vers sa puissante poitrine . Tout chez ce bel éphèbe attisait mes sens. Je bandais comme un turc, collé contre ses fesses. Il s'en rendit compte et enserra mes avant-bras pour une meilleure prise. Il riait tout en lâchant la bride à son cheval. Nous déboulions sur cette plage déserte, libres de toutes contraintes. Le paysage devenait lunaire, noyé entre ciel et mer. J'aurais voulu que le voyage dure une éternité... Oui, en cet instant, elle était retrouvée. Je resserrai l'étreinte... Qu'il était beau mon chevalier servant, le torse fouetté par les vents et les muscles bandés par l'effort. Il s'amusait à pousser sa monture au maximum de ses possibilités dans le simple but de m'impressionner. Et ça marchait. J'étais subjugué par sa fougue, sa candeur, sa beauté aussi... Nous galopions dans les vagues, provoquant des gerbes d'eau qui mouillaient nos cheveux. Parfois, il ralentissait le pas et saluait au loin quelques promeneurs solitaires surpris par la nuit. ...
... J'étais conscient de vivre un rêve éveillé, une chose unique qui n'arrive qu'une seule fois dans une vie. J'avais fini par croire qu'elle ne viendrait plus, que toutes ces mièvreries qu'on pouvait lire dans la littérature classique n'était que foutaises. Mais en cet instant magique, je tenais entre les mains mon Graal, mon jardin secret et je priais intérieurement pour prolonger ce moment de bonheur. Il quitta la plage et fit grimper sa monture dans un maquis de rocaille et d'arbustes. Nous arrivâmes dans une clairière à mi-hauteur qui surplombait la baie de Cargèse. L'endroit était magique, parfait pour un coucher de soleil. Il m'aida à descendre et me serra contre lui. Sa jeunesse me subjuguait. Je devais me pincer pour croire ce qui m'arrivait. Il ne dit pas un mot, posa ses lèvres sur les miennes et m'embrassa tendrement. Bon sang, il ne fallait pas jouer à ça avec moi, le retour à la réalité serait trop cruelle. J'avais tant souffert par le passé, tant investi d'énergie et d'amour pour des histoires qui n'en valaient pas la peine, des châteaux en Espagne qui s'étaient écroulés aux premières brises d'automne. Mon cœur avait dit STOP! Il s'était replié à tout jamais, et voilà que par un bel été de juin... Non, j'avais passé l'âge. L'âge de toutes ces gamineries. Je rompis son baiser. « Tu sais, je,... je pourrais être ton...» Il posa un doigt sur mes lèvres. « Tu seras le père que je n'ai jamais eu. » Il me prit dans ses bras et me déposa sur un parterre de ...