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« Matrone et Domina : Tullia, une patricienne hypersexuelle dans la Rome impériale » (15) : ruptures
Datte: 02/07/2024, Catégories: Dans la zone rouge, Auteur: Olga T, Source: Hds
... à ses débauches. Tullia est la maîtresse de l’impératrice, qui la présente comme « sa femme » et se comporte avec elle comme le ferait un amant. Leurs relations vont pourtant se dégrader au fil des mois. D’abord Messaline n’a jamais accordé à « sa femme » ce que celle-ci lui demande avec insistance : ni la fin du lointain exil de son père Marcus, ni le divorce d’avec Lurco qui permettrait à Tullia de devenir l’épouse de Vettius Valens, pourtant lui aussi un proche de l’impératrice, ni le retour de sa chère Lucia, forcée de suivre Lurco à Baïes. Messaline ressent une jalousie croissante envers Tullia. La jeune patricienne est plus jeune qu’elle, six ans de moins environ. Elle est incontestablement plus jolie que l’impératrice et tout aussi sensuelle. Si les deux femmes sont l’une et l’autre hypersexuelles, pour le reste elles n’ont rien en commun. Tullia a une vaste culture, qui contraste avec l’éducation superficielle de Messaline. Tullia est respectueuse, elle a appris de son père à considérer leurs esclaves comme des membres de la famille. Alors que Tullia est douce, Messaline est dure et cruelle, étant à l’origine de nombreux crimes, pour éliminer des rivales, des personnes qui la gênaient ou encore qui n’avaient pas voulu se prêter à ses jeux pervers. Bref, les deux femmes n’ont en commun que leurs besoins sexuels sans limites et même cela les met en opposition, puisque cela fait de Tullia, aux yeux de Messaline, une rivale. Messaline considère que Tullia lui ...
... fait de l’ombre. Messaline a l’habitude de se prendre pour l’incarnation de Vénus et considère que Tullia est tout au plus Volupia, une déesse mineure de la volupté. En réalité, le succès de Tullia auprès des hommes exaspère Messaline, Volupia est en passe de battre Vénus sur son propre terrain. Et enfin, Messaline, qui s’est beaucoup « amusée » avec Tullia, commence à se lasser de son jouet. Tout la pousse à revenir aux projets de Lurco. D’autres événements vont sceller le sort de Tullia. *** Nous avons raconté (voir (13) : Claude et Polybe) dans quelles circonstances, dans les appartements de Messaline, l’empereur Claude a fait la connaissance de Tullia. En fait, ce n’était pas la première fois qu’il la rencontrait. Lorsqu’il est enfin devenu sénateur, à l’avènement de son neveu Caligula, en l’an 37 de notre ère, Claude a été plusieurs fois reçu chez son collègue Marcus Tullius Longus, avec lequel il partageait la même passion de la culture grecque classique et de l’histoire. La bibliothèque de Marcus était particulièrement fournie, ce qui ne pouvait qu’intéresser un lettré comme Claude. Marcus, loin des moqueries dont on accablait le vilain canard de la famille impériale, du fait de son bégaiement et de sa démarche, avait deviné le potentiel du fils de Drusus et d’Antonia la jeune. Il n’en sera que plus déçu quand celui-ci, devenu empereur, se laissera gouverner par son épouse Messaline. Lors de ces soirées chez Marcus, Claude avait été particulièrement ...