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Feux d'artifice
Datte: 24/06/2024, Catégories: fh, vacances, plage, amour, exercice, prememois, Auteur: L'artiste, Source: Revebebe
... gueule du loup, dans la cohue estivale. Faut-il quand même que je l’aime, mon Emma ! En sa compagnie, le masque est tombé, je me sens moi-même, naturel, sans craindre un quelconque jugement. C’est simple, on est sur la même longueur d’onde, interconnectés. Nous sommes certes très différents sur bien des points, mais jamais en conflit, comme si nos divergences pouvaient se compléter, se marier, se nourrir l’une de l’autre. Eh oui ! j’ai l’impression de la connaître depuis toujours, que nous sommes tous deux les atomes complémentaires d’une unique molécule, les polarités covalentes d’un aimant, le yin et le yang. Avec elle je me sens libre de tout dire, de tout faire, de tout… tout sauf… mais putain, pourquoi ce blocage ? Si je me leurrais ? Si elle ne partageait pas mes sentiments ? Si… Je préfère vivre d’espoir plutôt que de le voir se briser. Elle est superbe au volant. L’air s’engouffrant par la fenêtre restée ouverte fait danser ses cheveux, dégage sa nuque, et sa petite jupe plissée qui échoue au-dessus de son genou a tendance à remonter légèrement à chaque débrayage, à chaque freinage. J’y poserais bien ma main, moi, sur sa cuisse, mais ne risque finalement ni l’incident diplomatique ni l’accident. À défaut de la Marseillaise qui pourtant aurait été de circonstance en cette période,Rage Against The Machine résonne dans l’habitacle. Emma me parle d’elle, je l’interroge : — Tu le vois souvent, ton père ? — Pas suffisamment à mon goût. Mes parents se sont séparés, ...
... j’avais à peine dix ans. Lui était militaire, il l’est toujours d’ailleurs : gendarmerie maritime. Régulièrement sur l’eau, je pense que ma mère a fini par se lasser. Maintenant que j’ai le permis, c’est plus facile ! — Hey ! j’espère que t’as pas prévu de me mettre sur un bateau… ? C’n’est pas vraiment mon élément et j’te garantis pas de pas m’choper le mal de mer ! Emma s’esclaffe, ma réflexion semble l’amuser. — Te moque pas et regarde la route… j’aimerais arriver à bon port, moi ! * En bout de nationale, Port-Vendres apparaît encastré entre deux flancs de colline, en bord de mer. L’appart se trouve le long des quais accueillant encore quelques rares chalutiers, à quelques centaines de mètres des criques. Cet ancien port de pêche est mignon comme tout, bien loin des résidences « cages à lapins » de la majorité des stations balnéaires occitanes qui, selon moi, dénaturent le paysage côtier. Alain, son père, nous reçoit tout sourire. Les retrouvailles sont émouvantes. L’homme ne correspond pas du tout à l’image que je m’en faisais, alors que je l’imaginais bourru et sévère, la peau tannée par le soleil, c’est finalement un personnage assez frêle et très sympathique qui m’apparaît. Après avoir étreint chaleureusement sa fille, il se tourne vers moi et me tend la main. — Voilà l’heureux élu ! Alain, enchanté ! — Je n’ai pas encore cette chance, monsieur ! Ce n’est pourtant pas l’envie qui me manquerait, renchéris-je sur le ton de l’humour. — Je te présente ...