1. La petite Sophie


    Datte: 21/06/2024, Catégories: fh, extracon, amour, rencontre, extraconj, Auteur: Arpenteur, Source: Revebebe

    ... de quelque chose d’aussi bidon, je suis plutôt gêné, nos relations étant toujours très tendues. Elle est venue ici pour souffrir, une larme roule déjà le long de sa joue. Va-t-elle me faire une scène ? Je lui tends un café avant de lui prendre doucement la main. J’essaie de la calmer :
    
    — Allons, Sophie, ne te mets pas dans des états pareils, je n’aime pas que tu sois malheureuse.
    — Mais moi, je t’aime vraiment, tu comprends ! Si tu savais comme je t’aime et comme tu m’as fait souffrir.
    — Je sais Soso, Mathilde m’a tout raconté.
    — Je préfère être malheureuse avec toi qu’heureuse sans toi, d’ailleurs sans toi la vie n’a pas de sens.
    
    Je trouve qu’elle exagère.
    
    — Et je voudrais aussi que tu me pardonnes pour l’autre jour, je ne voulais pas te faire de chantage. Je suis désolée, j’ai été lamentable. On ne monnaie pas son amour.
    
    Les sanglots succèdent aux sanglots. Elle est maintenant en pleurs. Sa petite main est si fragile dans la mienne que j’ai l’impression de la casser. J’essaie de la consoler, de faire preuve d’une grande douceur envers cette femme qui n’est finalement encore dans sa tête qu’une petite fille.
    
    — Moi aussi je t’aime, Soso…
    
    Je ne sais pas pourquoi j’ai dit ça, est-ce pour lui faire plaisir ? Je vois soudain son regard s’illuminer, je devrais faire plus gaffe dans mes propos. J’essaie de me rattraper :
    
    — Mais j’aime aussi Mathilde, n’oublie pas que je suis marié.
    
    Mais elle n’en a que faire, à ce stade, seul mon amour pour elle est ...
    ... susceptible de l’intéresser. Elle pleure à nouveau, de joie ou de peine, je ne sais plus trop bien, je n’ai pas l’impression qu’elle sache, elle non plus, vraiment où elle en est, seule sa main dans la mienne semble lui faire plaisir. On reste ainsi, de longues minutes, sans rien dire, je la regarde avec gentillesse et affection, je sens le bonheur qui s’empare d’elle mais je ne voudrais pas non plus qu’elle se fasse trop d’idées…
    
    Le sentiment que je ressens envers elle, c’est vraiment de l’amour. Je connais trop bien cette sensation, l’envie de la prendre dans mes bras, l’envie de la serrer contre moi, de ressentir la chaleur de son corps…
    
    Je ne maîtrise alors pas cette folie qui s’empare de moi, je me lève, contourne la table et passe derrière elle, je pose mes mains sur ses épaules, elle me saisit alors les bras et elle m’attire un peu plus à elle. Je la serre contre moi, je presse sa poitrine dans mes mains fiévreuses, je ressens toute sa passion. Puis elle se retourne et réclame un baiser, je la trouve tellement craquante, tellement touchante, tellement amoureuse aussi qu’il m’est impossible de lui refuser quoi que ce soit. Nous nous embrassons un long moment dans la lumière crue de la cuisine. Les baisers succèdent aux baisers, elle ne me laisse pas m’échapper, elle ne se lasse jamais, elle se donne entièrement dans ce curieux moment de pur amour.
    
    Quand nous nous séparons enfin, nous sommes tous les deux groggy, ivres de sentiments confus. Je me rassois prudemment ...